Raymond Devos était bien embarrassé quand on lui demandait d’indiquer le chemin qui menait à l’imaginaire. Il n’y a pas d’itinéraire.

Raymond Devos
Raymond Devos © Getty

Raymond Devos était bien embarrassé quand on lui demandait d’indiquer le chemin qui menait à l’imaginaire. Il n’y a pas d’itinéraire. C’est un oubli, parfois : Devos préférait ceux qui ne savaient plus ce qu’ils faisaient la seconde d’avant. C’est une bifurcation, souvent. Il aimait citer Alfred Jarry : un jour que celui-ci tirait à l’arc en direction du jardin d’à côté et que la voisine s’alarmait : « Mais vous allez me tuer mes enfants », l’auteur d’Ubu eut cette phrase : « Ce n’est pas grave, madame, je vous en ferai d’autres ». On n’est pas loin de la scène, sans cesse évoquée, de Biarritz au milieu des années 50 et qui fit déclic : le jeune Devos demandait à voir la mer et on lui disait de prendre garde, il avait eu cette réplique, venue d’on ne savait où, incongrue : « Et vous la remontez quand ? »

Comment un dictionnaire pourrait-il exprimer ce qui ne se résume ni ne se cartographie ? Le Petit Robert y réussit assez bien : « Raymond Devos 1922-2006. Prenant au pied de la lettre les expressions de la langue courante, il projette dans l’imaginaire, comiquement et sur le ton de l’angoisse, des situations d’une absurdité clownesque. » C’est pas mal résumé. Il manque tout de même un mot essentiel : le rire. Devos, c’est aussi celui qui fait passer une salle d’un rire mécanique, animal à un rire plus civilisé.

Mais comment tout dire ? Le temps va manquer et Devos, par ses mots mais aussi par son corps de sumo lunaire, déborde de partout.

Le lien de l'Association des Amis de Raymond Devos : http://www.raymonddevos.asso.fr/

Le coffret CD « Raymond Devos. Merci l’artiste » (Les Grandes Heures Ina / Radio France) est disponible ici.

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