On peut regarder Pondichéry comme une fenêtre qui s’est refermée. Elle témoignait d’un vieux songe, la constitution d’un empire français sur le sous-continent- songe rompu par les Anglais qui consentirent tout de même par deux fois, en 1763 et en 1815, à nous laisser Pondichéry et quatre autres comptoirs

Rue du Bazar Saint Laurent à Pondicherry
Rue du Bazar Saint Laurent à Pondicherry © Getty / Marji Lang

– Chandernagor, Mahé, Karikal, Yanaon… 

Il serait aussi légitime de considérer Pondichéry comme un simple intermède – au total, assez bref – dans l’histoire de l’Inde ! Les Indiens n’ont pas tort quand ils disent que les colonies françaises n’étaient pas des modèles de prospérité. Elles ressemblaient davantage à des tissus d’Arlequin déchirés par les contradictions. 

Après l’indépendance de l’Inde, la France accepta  la cession de ses enclaves, moins difficilement que le Portugal qui, de son côté, conservait Goa. En 1954, le drapeau indien flotte sur Pondichéry.  C’est la même année que la guerre d’Indochine est perdue. La dernière justification en date  de la présence française à Pondichéry tenait à son rôle de relais vers l’Indochine.

Enfin, en 1962, le traité de cession avec l’Inde est signé. Il prévoit le maintien d’une présence française et le droit pour les Pondichériens d’opter pour la nationalité française. Un peu moins de 7% des ayant-droit vont le faire. C’est une minorité mais qui aurait pu être plus large : il y avait tant de risques à « faire l’option ». Depuis, grâce à différents canaux, de nouveaux Français ont été inscrits sur les registres tandis que  le lycée français forme des tamouls sui seront francophones sans vouloir être français.

D’ailleurs, avoir des papiers français ne résout pas tout ! Les Franco-pondichériens savent d’expérience qu’en disposer ne change pas nécessairement le regard que la société porte sur eux en France. Et, pour beaucoup, ils sont très attachés à l’Inde que, parfois, ils n’ont pas quittée et où ils reviennent souvent, par exemple à l’âge de la retraite.

Ceux qui croient à l’unicité de l’identité sont loin du compte.

Bibliographie :

_Pondichéry et les comptoirs de l'Inde après Dupleix. La démocratie au pays des castes_de Jacques Weber, Bernard Lauzanne (Denoël).

Pondichéry 1674-1761. L'échec d'un rêve d'empire, Collectif (Autrement).

L'Inde, une puissance vulnérable de Kamala Marius (Bréal).

Les inégalités de genre en Inde. Regard au prisme des études postcoloniales de Kamala Marius (Karthala).

Diasporas indiennes dans la ville, Hommes et Migrations, 1268/9, juillet 2017.

Sites internet

Centre d'information et de documentation de l'Inde francophone

Revue historique de Pondichéry

Revue de l'Inde

Chant Ninnai Saranadainthen, album Barhati chanté par Llaiyaraaja

Reportage de Ayden SAVARIMOUTTOU

Les invités
  • Kamala MariusMaitresse de Conférences HDR en Géographie à l'Université de Bordeaux Montaigne
L'équipe
Contact
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.