Quatre jours après le raid que des lycéens de Suger ont mené contre leur propre établissement, le président de la République s’en est venu au pied de la basilique...

Basilique Saint-Denis
Basilique Saint-Denis © AFP / CHRISTOPHE ARCHAMBAULT

Quatre jours après le raid que des lycéens de Suger ont mené contre leur propre établissement, le président de la République s’en est venu au pied de la basilique - reconstruite en son temps par l’abbé Suger, ministre du roi. Non sans une certaine précipitation, il a posé la première pierre de la tour et de la flèche Nord, démontées après une tornade en 1847 que, depuis vingt-cinq ans, la municipalité communiste songe à élever de nouveau.

Le projet peut paraître étrange. Dans une ville que l’actualité médiatique tire à hue et à dia, il est de rapprocher par une réalisation visible, par un chantier commun, des populations composites – l’évêque ajoute sans avoir besoin d’être plus précis : « des populations de toutes croyances ».

On fait souvent la comparaison avec la reconstruction de L’Hermione mais elle touche vite ses limites. L’histoire de Saint-Denis est en effet autrement compliquée que celle de Rochefort. Elle rassemble à elle seule toute l’histoire tourmentée de la France. Saint-Denis en est comme l’épicentre.

Sous l’Ancien Régime, c’est Westminster mais le pays est devenu une république. Fin XIXème, c’est devenu Manchester mais depuis, les bases de la croissance ont changé : au Sud, la Plaine Saint-Denis est devenu l’emblème de l’économie des médias et du savoir. Le lycée Suger, superbement équipé pour l’audiovisuel, en est l’antichambre mais il recrute en partie dans la cité du Franc-Moisin qui demeure socialement enclavée.

Enfin, Saint-Denis était le symbole de la religion nationale. Les immigrations successives qui s’y sont déposées en ont fait la ville rouge par excellence et aujourd’hui, une capitale de l’islam - mais aussi de l’évangélisme.

Dans ce terrain sans cesse bouleversé, il arrive que surviennent des tremblements de terre. Le 13 novembre a commencé au Stade de France et s’est terminé dans une pauvre rue du centre. Non loin de la basilique orpheline de sa flèche et qui attend les promesses de l’avenir.

Programmation musicale : Mayra Andrade "Lapidu Na Bo" (2006)

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