À chaque fois, c’était un commencement. Il ne voulait pas s’entendre dire qu’il ne changeait pas, qu’il était toujours au sommet.

Patrice Chéreau (2003)
Patrice Chéreau (2003) © Getty / Sam Thomas

Son premier succès à Paris ? Un Labiche revu à la façon de Bertolt Brecht. Il avait 22 ans. Ses premiers articles dans la presse internationale ? Il n’en avait pas 25. Une de ses expressions favorites à l’époque ? « Nous sommes chauffés à blanc ».

Une autre encore résume bien son acharnement : « Nous commençons plus tôt demain matin, c’est une chance, on pourra finir plus tard ce soir ».

Généralement, il dirigeait ses comédiens debout, au plus proche d’eux. Et on n’a cessé de parler de l’énergie qu’il faisait passer autour de lui. Pour être plus exact, il faudrait dire qu’il ne voulait pas recycler dans le travail d’aujourd’hui l’énergie utilisée dans le travail d’hier.

Il préparait toujours plusieurs projets à la fois. Projets de théâtre bien sûr. D’opéra aussi parce qu’il fallait pousser les murs du théâtre et parce que l’opéra était le seul spectacle rituel de l’Occident. Ses représentations du Ring, avec Pierre Boulez en 1975, ont fini par retourner le public de Bayreuth. Et il aimait mais autrement, le cinéma. On se souvient de L’Homme Blessé, de La Reine Margot et tout autant de ses derniers films, simples comme des épures : Ceux qui m’aiment prendront le train, Son Frère

À chaque fois, c’était un commencement. Il ne voulait pas s’entendre dire qu’il ne changeait pas, qu’il était toujours au sommet. Il était plusieurs routes, plusieurs mondes à la fois. Il était la rencontre de tous ceux à qui il fit du bien.

Colloque international à Paris : "Patrice Chéreau en son temps" les 15, 16, 17 novembre 2016

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