Le ministre-président CSU, Markus Soder, n’a été crédité que de 37% et a donc perdu sa majorité absolue. Cela n’était arrivé à son parti qu’une fois depuis 1962 - en 2008 et dans des circonstances bien moins défavorables.

 Le Ministre-Président de bavière Edmund Stoiber (à gauche) et le secrétaire général de la CSU Thomas Goppel en costume traditionnel à Wolfratshausen en 1999
Le Ministre-Président de bavière Edmund Stoiber (à gauche) et le secrétaire général de la CSU Thomas Goppel en costume traditionnel à Wolfratshausen en 1999 © Getty / ullstein bild

La fête de la bière s’achevait à peine que l’ouragan des élections régionales est passé dimanche. Le ministre-président CSU, Markus Soder, n’a été crédité que de 37% et a donc perdu sa majorité absolue. Cela n’était arrivé à son parti qu’une fois depuis 1962 - en 2008 et dans des circonstances bien moins défavorables.

La CSU, l’Union chrétienne sociale, c’est à la fois un parti et un grand nombre d’organisations satellites. Et on y est  à la fois conservateur et social, libéral et catholique. Et bavarois d’abord. La Bavière, en effet, ne se veut pas un land comme les autres. Ayant été un des états les plus anciens d’Europe, elle a gardé la qualité d’état libre d’Allemagne. Les Wittelsbach ayant régné sur elle du XIIème siècle jusqu’en 1918, les ministres-présidents CSU y sont volontiers vus comme leurs successeurs.

Les 13 millions de bavarois se sont longtemps dits heureux dans cet état prospère où l’innovation industrielle s’est  très bien accommodée des traditions locales et où le taux de chômage est très faible. Mais l’ordre des choses tremble sur ses bases. La faute en est rejetée sur les réfugiés survenus en 2015. Mais, après-guerre, le pays était aussi parcouru de réfugiés très nombreux, généralement allemands il est vrai. Une organisation concurrente de la CSU, le Parti bavarois, où les anciens nazis ne manquaient pas, avait fait campagne contre eux  mais la CSU s’était imposée  en tenant un langage humaniste. Aujourd’hui, elle a fait le choix d’un autre ton. Cela n’a pas empêché deux partis xénophobes, l’Afd et les Electeurs libres, de prospérer à sa droite. Alors que Franz Josef Strauss, figure tutélaire du parti, répétait que c’était un risque terrible à conjurer. En outre,  nombre de ses électeurs modérés sont passés aux Verts. Des Verts singuliers comme il sied au pays et qui parlent de la préservation de la nature davantage que du changement climatique. Persuadés de vivre dans le plus beau pays du monde, les bavarois n’aiment pas qu’on leur annonce des bouleversements. Et pourtant ils sont là qui s’annoncent.

Département d'études germaniques de l'université de Cergy-Pontoise

Programmation musicale : Carl Orff De Temporum Fine Comedia par L’Orchestre symphonique de la WDR de Cologne - direction Herbert von Karajan

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