En Corse, depuis les dernières régionales, les autonomistes et les nationalistes sont aux commandes. En réalité, ils donnent le tempo à la vie politique corse depuis quarante ans.

Drapeau corse à Bonifacio
Drapeau corse à Bonifacio © Getty / Serge Briez

En Corse, depuis les dernières régionales, les autonomistes et les nationalistes sont aux commandes. Disposant d’une majorité très relative dans les urnes, ils en ont constitué une plus solide à l’Assemblée de Corse. Qu’ils parviennent ainsi aux responsabilités a pu surprendre : en réalité, c’est eux qui donnent le tempo à la vie politique corse depuis quarante ans.

Leur ascension s’est esquissée dans les années 1970. C’était l’époque où les Corses tentaient d’inverser le déclin de leur langue : chacun sait comment, par exemple, ils ont ressuscité leurs traditions polyphoniques repliées dans quelques vallées isolées. En même temps, ils étaient scandalisés de se voir ignorés par les intérêts économiques dominants. Montedison déversait ses boues rouges entre Sisco et Capraia, au large du Cap. Les projets de tourisme de masse faisaient craindre pour l’ile le sort des Baléares. Les rapatriés s’installaient nombreux dans la plaine orientale, bénéficiant de conditions privilégiées dont les Corses estimaient qu’elles leur étaient dûes. C’est à Aléria, dans une cave appartenant à l’un d’eux, qu’eut lieu le premier affrontement grave. Edmond Simeoni en assuma la responsabilité, fut condamné à une peine de prison ferme et devint un symbole. Pendant son procès, le FLNC publia son premier communiqué. L’autonomisme et le nationalisme étaient constitués, qui allaient suivre des chemins très différents. Au lendemain des régionales, Edmond Simeoni a suivi depuis la tribune du public de l’Assemblée de Corse à la réunion officielle des deux courants et à l’élection de son fils Gilles à la présidence de la Collectivité territoriale. Et il a avoué son émotion.

Maintenant commencent de nouvelles difficultés. Quelle place sera-t-elle faite aux nouveaux habitants venus du continent qui sont de plus en plus nombreux ? Comment Paris pourrait-il accepter qu’ils soient seulement de simples résidents, sans droit de vote dans le cas d’un referendum sur le statut de l’île ? Il y a plus explosif encore. L’incident de Sisco, ce 13 aout révèle l’’importance d’une population immigrée qui représente peut-être 10% de la population. Elle est invitée à demeurer invisible mais elle est là et ses enfants sont nés dans l’ile.

Les responsables actuels aiment parler de communauté de destin. Que peut-on entendre précisément par là ?

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