Pour Edwy Plenel, Albert Londres est un maître qui disait : "il faut porter la plume dans la plaie" . Mais il faut bien convenir que si, avec lui, la France tient un exceptionnel prince du reportage libre, elle n'en est jamais devenue le royaume.

Bob Woodward dans son bureau du journal The Washington Post en 1972 - Madame Tussauds Wax Museum in Washington DC
Bob Woodward dans son bureau du journal The Washington Post en 1972 - Madame Tussauds Wax Museum in Washington DC © flickr / cliff1066

Investigation ? Le mot est un américanisme. Les pionniers sont à chercher aux Etats-Unis. Au début des années 1900, le président Theodore Roosevelt se plaignait déjà des fouille-merdes.

Les Français sont venus après. Au lendemain du Watergate, dans les années 1980, les affaires se succèdent : faux terroristes irlandais de Vincennes, saboteurs du bateau de Greenpeace etc. Le mouvement fait beaucoup de ramdam mais, en réalité, il n'a que peu de pratiquants, souvent fâchés entre eux de surcroît. La plupart des medias généralistes, nouveaux comme anciens n'ont ni l'objectif ni les moyens d'y participer mais ils lui servent de caisse de résonance.

Les reporters d'investigation réveillent-ils le muscle de l'opinion publique ? Désespèrent-ils ceux qui sont encore disposés à croire en quelque chose ? L'un d'entre eux vient de dire : "Ce que nous faisons en amont ne regarde que nous" . Non ! Au principe d'investigation, l'histoire peut ajouter celui de traçabilité ! Mais qu'est-ce qui s'est donc touillé dans les casseroles qu'on a accrochées aux puissants de ce bas monde ?

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