« Oh femmes ! Les victimes du temple où on vous dit adorées, écoutez-moi », disait Germaine de Staël.

Madame de Stael (Anne-Louise-Germaine Necker), Baronne de Stael-Holstein peint par Gerard
Madame de Stael (Anne-Louise-Germaine Necker), Baronne de Stael-Holstein peint par Gerard © Getty / UniversalImagesGroup

Germaine de Staël chercha toujours sa place. Son père, déjà, le grand banquier et ministre Necker, jugeait que les femmes n’avaient pas à devenir des Messieurs du Saint Écritoire. Pendant et après la Révolution, l’opinion blâma encore davantage les trajectoires qui s’éloignaient de la discrétion attendue des femmes. Benjamin Constant lui-même, amant et compagnon de lutte de Germaine, fut gêné par ses appétits : « Quel esprit d’homme mais avec aussi le désir d’être aimée comme une femme !»

Auteur de grands textes politiques pas toujours publiés de son vivant, Madame de Staël a dû s’accommoder de la suprématie de l’autre sexe mais en essayant de la modeler dans ses salons successifs qui brillèrent d’un grand éclat, de la Révolution à la Restauration, à Paris ou dans son château suisse de Coppet.

Napoléon, qu’elle n’avait soutenu qu’aux débuts de Bonaparte, la reconnut parfois, mi-sérieux mi-plaisant, comme son meilleur ennemi. Face à l’esprit militaire et conquérant de l’empereur, elle incarnait une autre conception de la société française et de l’esprit européen, fondée sur la liberté qui s’appuyait sur les Lumières. Au point qu’en 1812, un flatteur a pu dire à Madame de Staël : « Avec l’Angleterre et la Russie, vous êtes la dernière puissance indépendante de l’Europe. »

Programmation musicale : "God save the King" (WoO 157 n°1), arrangé par Beethoven. Chanté par Janice Watson, Timothy Robinson et Thomas Allen (1997) Album : Beethoven: Folksong Arrangements.

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