En novembre dernier, pendant sa prestation d’anthologie devant les étudiants d’Ouagadougou, Emmanuel Macron a déclaré : « Je veux que d’ici cinq ans, les conditions soient réunies pour des restitutions temporaires ou définitives du patrimoine africain à l’Afrique. » Emoi chez les conservateurs.

Quand Françoise Nyssen envisage de promener la Joconde dans ce qu’elle nomme les déserts culturels français, il est facile d’expliquer à la ministre débutante que de telles sorties mettraient en danger la vieille dame et seraient évidemment trop coûteuses.

Mais quand le président de la République annonce le prêt de la tapisserie de Bayeux aux Anglais, les professionnels de la profession préféreraient regarder ailleurs mais ils sont bien obligés d’entendre le vœu d’Emmanuel Macron. Nos musées à qui il était déjà demandé d’enrichir les statistiques du tourisme doivent participer davantage à la diplomatie d’influence de la France.

Application en Afrique. En novembre, pendant sa prestation d’anthologie devant les étudiants d’Ouagadougou, Emmanuel Macron a déclaré : « Je veux que d’ici cinq ans, les conditions soient réunies pour des restitutions temporaires ou définitives du patrimoine africain à l’Afrique. » Emoi chez les conservateurs. Depuis trente ans qu’un mouvement revendicatif s’est développé, ils campaient sur des positions défensives. Nos musées, disaient-ils, ont vocation universelle ; la législation nationale rend nos collections incessibles ; la législation internationale sur les trafics illicites, si excellente soit-elle, est récente mais ne vaut pas pour les temps reculés. D’ailleurs, professaient-ils, si on considère la durée, la capture des objets n’est-elle pas constitutive des collections depuis la plus haute Antiquité…

Les professionnels de la profession avaient déjà eu beaucoup de mal à se mettre en branle quand il s’était agi de rendre les biens juifs spoliés. Un mouvement d’une autre importance s’annonce-t-il ? En mars, le président a nommé une mission présidée par Bénédicte Savoy, professeur au Collège de France et Felwine Sarr, économiste sénégalais. Les juristes qui en feront partie devront faire preuve d’imagination pour fonder et aussi borner les termes d’un échange qui ne serait plus inégal mais apaisé.

Programmation musicale : "Dahomey Dance" John Coltrane

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