À partir de quand les années 1900 ont-elles paru belles à ceux qui les avaient vécues et comment nous les ont-ils fait regretter à nous qui ne les avons pas connues ?

Le Chalet du cycle au bois de Boulogne - tableau de Jean Béraud vers 1900
Le Chalet du cycle au bois de Boulogne - tableau de Jean Béraud vers 1900 © Getty / DEA / G. DAGLI ORTI

📚 RÉVISIONS BAC - Vous êtes lycéen et vous tenez à profiter au maximum du temps libre dont vous disposez pour réviser votre bac ? Retrouvez tous les épisodes de La Marche de l'Histoire en lien avec votre programme, pour enrichir vos connaissances.

Rediffusion du 14/02/2017

Cléo de Mérode, avant la Première Guerre, avait été une grande professionnelle de la danse. C’est du moins ce qu’il convenait de dire : elle intentait un procès dès qu’on soutenait qu’elle avait aussi été une "cocotte". Après la Seconde Guerre, elle était devenue une professionnelle du témoignage. Dès qu’on voulait parler du début du XXe, on se tournait vers elle et quelques autres survivants du même milieu, on remontait la manivelle du phono et hop, surgissaient les fantômes du Moulin Rouge et de Maxim’s. Peut-être les journalistes sont-ils paresseux ? Ou bien le souvenir des professionnels du loisir est-il nécessaire à la mémoire populaire ?

C’est à se demander si, eux aussi, les historiens ne croient pas aux mythes. Les nécessités de la demande leur font souvent reprendre l’expression de « Belle Époque ». Certes ils s’interrogent doctement sur la fixation chronologique de ses débuts. L’Affaire Dreyfus, 1898 l’année antisémite avec des incidents dirigés contre les juifs dans tout le pays, était-ce déjà la Belle Époque ? Certes, font-ils remarquer avec bon sens, l’époque n’était pas belle pour tout le monde…

Les contemporains, en tout cas, ne la voyaient pas comme telle et ne prévoyaient pas qu’ils la verraient plus tard comme telle. Le charme du passé, c’est qu’il est une catégorie du présent, il est vivant puisqu’il se transforme avec nous. Un autre témoin de l’époque, Roland Dorgelès, dit cela très bien.

La vraie question est donc de savoir à partir de quand les années 1900 ont paru belles à ceux qui les avaient vécues. On répondra que c’est l’effet naturel du vieillissement des témoins : ils regrettaient leur jeunesse. Oui, mais comment nous l’ont-ils fait regretter, à nous qui ne les avons pas connues 

Bibliographie

  • La véritable histoire de la Belle Epoque écrit par Dominique Kalifa (Fayard)
  • Les historiens croient-ils aux mythes ? écrit par Dominique Kalifa (Publications de la Sorbonne)
  • La France de la Belle Epoque : dictionnaire de curiosités écrit par Jacqueline Lalouette (Tallandier)
  • La Belle Epoque. La France de 1900 à 1914 écrit par Michel Winock (Perrin)

Programmation musicale

  • Prenons un vieux fiacre, par Jacques Pills sur l'album Contre ta joue (du film Marie la Misère)
  • Ah la belle époque ! par Robert Burnier, dans l'opérette La Poule (1936)
Les invités
  • Dominique KalifaHistorien, professeur à l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne
L'équipe
Contact
Thèmes associés
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.