Les Frères se justifient de donner les premiers le résultat de la première journée du referendum sur la Constitution: c'est, disent-ils, qu'ils sont implantés partout ! C'est aussi qu'ils sont devenus le parti dominant.

Hassan al-Banna, fondateur des Frères Musulmans
Hassan al-Banna, fondateur des Frères Musulmans © cc

Mais beaucoup d'Egyptiens se sont abstenus, les électeurs du Caire ont voté non. La supériorité des Frères n'est pas sans partage : ces dernières semaines, des foules ont attaqué une trentaine de leurs sièges aux cris de "Frères menteurs!"

Le paradoxe est le signe sous lequel les Frères ont vécu leur longue histoire, passablement rocambolesque. Leur fondation eut lieu au grand jour en 1928 : ils jouaient un rôle politique mais, habilement, ils avaient refusé de monter sur la scène. Ni leur interdiction en 1948 ni les persécutions de Nasser après 1954, pas davantage les politiques à géométrie variable de Sadate et de Moubarak ne parvinrent à les éradiquer. Les années précédant la "révolution de la place Tahrir", ils en étaient venus à pratiquer un jeu de bascule inouï : la clandestinité mais à ciel ouvert. Ils ont ainsi constitué, dans un paradoxe permanent, un mouvement de fond pérenne, capable de jouer d'un répertoire d'actions, les unes publiques, les autres dissimulées, si enchevêtré qu'on peut se demander si tous les Frères s'y reconnaissent eux-mêmes.

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