A deux reprises, en 1997 et en 2016, l’Eglise catholique de France a effectué une démarche collective de repentance. La première fois, en 1997, pour l’antijudaïsme qu’elle avait longtemps manifesté publiquement.

Guy Desnoyers et l'aumonier Baudricourt lors de l'affaire du curé d'Uruffe à la cour d'assises de Nancy le 24 janvier 1958
Guy Desnoyers et l'aumonier Baudricourt lors de l'affaire du curé d'Uruffe à la cour d'assises de Nancy le 24 janvier 1958 © Getty / Keystone-France

 A deux reprises, en 1997 et en 2016, l’Eglise catholique de France a effectué une démarche collective de repentance. La première fois, en 1997, pour l’antijudaïsme qu’elle avait longtemps manifesté publiquement. La seconde fois, plus récemment, pour le silence  que les successeurs des évêques de l’occupation ont trop souvent observé dans les affaires de pédocriminalité touchant le clergé.

Certains ont été froissés par cette attitude nouvelle. Les institutions ne sont-elles pas déjà assez  attaquées ? Ont-elles vraiment  besoin de se déprécier elles-mêmes ? Qui aime l’Eglise peut-il accepter de considérer son visage défiguré ? A quoi Benoit XVI répondait : « La plus grande persécution ne vient pas des ennemis de l’extérieur mais du péché au sein de l’Eglise elle-même. » On lit ceci dans  la Première épitre de Pierre dans le Nouveau Testament : « Quand Dieu fait le ménage, il commence à le faire dans sa propre maison. »

Le scandale est d’autant plus grand qu’il s’inscrit dans la mémoire de ses témoins. Les premières communautés chrétiennes insistaient déjà sur le trouble que ceux-ci en ressentaient et qui pouvait mener à une désaffection sourde, insidieuse. La réaction, naturelle,  a donc pu être de diminuer le nombre des témoins. La justice que l’Eglise entretient dans son sein voulait évidemment régler les affaires dans le secret. En même temps, en matière de pédophilie, le code de droit canonique de 1917 était très ferme. Mais quand l’opinion s’est aperçue que le secret  continuait tandis que la sanction ne venait plus,  le scandale ne pouvait que redoubler. Et le nombre des témoins se multiplier au point de provoquer dans l’Eglise  une crise gravissime – certains disent : ultime.

Bibliographie :

Des prêtres et des scandales de Anne Philibert (Cerf).

Henri Lacordaire de Anne Philibert (Cerf).

Qu'avez-vous fait de Jésus ?. Lettre à ceux par qui le scandale est arrivé de Christine Pedotti (Albin Michel).

Plus jamais ça ! de Pierre Vignon (Humensis).

Grâce à Dieu, c'est prescrit. L'affaire Barbarin de Marie-Christine Tabet (Robert Laffont).

Scandales. Les défis de l'Eglise catholique de Christian Delahaye (Empreinte Temps présent).

L'enfant interdit. Comment la pédophilie est devenue scandaleuse de Pierre Verdrager (Armand Colin).

Léon Morin, prêtre film de Jean-Pierre Melville.

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Les trompettes de la renommée de Brassens

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