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Des syndicats encore puissants et depuis longtemps pluriels… L’État qui veut imposer ses choix en matière de transport… Les patrons de la SNCF ont aussi comme interlocuteurs les régions : premiers clients en chiffre d’affaire, affirment-elles, premiers financeurs, elles menacent d’aller vers les concurrents qui s’apprêtent à surgir sur le marché. Qui plus est, à la fin du siècle dernier, est apparu le client. Il paraît que c’est autour de lui que tout doit s’organiser. Jusqu’ici, les cheminots ne parlaient que d’usagers... Peu à peu, d’ailleurs, les cheminots en sont venus à ressembler aux clients. Il est loin le temps du « Tu seras cheminot, mon fils » qu’aimait rappeler François Mitterrand dans ses discours. Le recrutement se fait indifféremment dans toutes les couches de la société. Et, une fois intégré, le cheminot l’est en réalité moins que dans les temps anciens. Comme Monsieur et Madame Tout-le-monde, il dissocie vie privée et vie de travail. Une méchante langue a dit : il préfère dorénavant la planche à voile à la planche à haricots de son jardin. Dont acte. Il reste qu’il peut faire grève plus souvent que d’autres. A l’occasion d’évènements ponctuels. Plus longuement aussi : 1947, 50, 52, 53, 68, 69, 86, 95... Néanmoins, le rythme des grandes grèves a lui-même tendance à se ralentir. Il faut dire que les médias et le public en cherchent de moins en moins les motifs. Ainsi va la cruche à l’eau : la singularité cheminote s’érode tandis que gagne la résignation à la banalisation.

Carte postale d'un groupe de cheminots du Paris-Lyon-Méditerranée (PLM) devant une locomotive Pacific en 1912
Carte postale d'un groupe de cheminots du Paris-Lyon-Méditerranée (PLM) devant une locomotive Pacific en 1912 ©

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HistoRail, musée du chemin de fer à Saint-Léonard-de-Noblat

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