François Jacob a collectionné les plus beaux titres qui soient. Compagnon de la Libération, professeur au Collège de France, Prix Nobel de médecine, médaillé de la Résistance...

François Jacob a collectionné les plus beaux titres qui soient. Compagnon de la Libération : il a gagné l’Angleterre dès la mi-juin 1940. Un quart de siècle plus tard, professeur au Collège de France à la chaire de génétique cellulaire et Prix Nobel de médecine, en compagnie d’André Wolff, médaillé de la Résistance et de Jacques Monod, ancien de l’armée de Lattre.

Non plus que ses amis les co-lauréats du Nobel 1965 et que ses frères de la France libre, François Jacob n’a jamais voulu accomplir un projet. Le hasard et la chance ont eu une large part. « Ce fut moi et la circonstance », disait-il. Et il ajoutait, de façon plus explicite : « L’homme pue l’intention, sue le dessein, il imagine la vie sans cesse dirigée, tendue vers un but, comme une flèche. Mais, de même que l’évolution des espèces s’accomplit au hasard, son histoire n’obéit à aucune loi secrète. »

François Jacob ne s’est jamais dit qu’il serait Compagnon ou Nobel. Blessé dans les combats de Tunisie puis de Normandie, sa vie aurait pu s’arrêter très tôt. Après 1968, on lui reprocha une fois de prendre plaisir à être assis au premier rang des cérémonies. Il répondit que cela lui permettait d’étendre sa jambe sans croire devoir ajouter qu’elle avait grièvement atteinte après le débarquement. Le 38ème fauteuil de l’Académie française, où vient de le remplacer Marc Lambron, ne lui permettait pas même ce petit confort. En fait, toute position assise lui était difficile. Il était de ces hommes qu’on croit arrivés et qui sont toujours prêts à repartir.

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