Le bac est resté une épreuve, du moins jusqu’à la réforme qui va intervenir en 2021 et qui en transformera profondément le déroulement. Mais, depuis un demi-siècle, il a déjà changé de nature. Il est devenu beaucoup plus populaire.

Vue aérienne du lycée Alphonse Daudet de Nîmes près des Arènes
Vue aérienne du lycée Alphonse Daudet de Nîmes près des Arènes © Getty / MOPY

Ses titulaires constituent aujourd’hui 80% de la classe d’âge concernée; ils n’étaient que 20% en 1967.

Entre 1965 et 1975, il s’est construit dans le pays un collège d’enseignement secondaire par jour ouvré. Les établissements traditionnels de centre-ville ne suffisaient plus : ni Corneille à Rouen ni Masséna à Nice ni, à Châlons, celui où Cabu avait joué le rôle du Grand Duduche.  En 1970, Robert Bréchon publia  « La fin des lycées »… Il entendait par là les lycées traditionnels et  il parlait d’or puisqu’il dirigeait à Nîmes un établissement à l’ancienne qui était si prestigieux qu’il s’était longtemps passé de nom : c’est en 1964 seulement qu’il avait consenti à se nommer Alphonse Daudet. Depuis des générations, il accueillait les enfants de la bourgeoisie administrative ou entreprenante du département. Ses professeurs auraient pu rejoindre l’Université. A commencer par Robert Bréchon. Mais ils ne voyaient rien de supérieur à leur chaire dans un grand lycée de province.

Nîmes, dit Bernard Bastide paraphrasant Montherlant, c’est une ville dont le prince est un lycée. Il est un symbole de la ville. Comme le palmier, le crocodile, la tour Magne et les arènes dont il est distant de quelques centaines de mètres seulement.

Dans les derniers temps des lycées haute époque, il se trouve que la radio nationale leur consacra une série d’émissions qui fit sa place à Nîmes. Ces émissions  réunissaient les anciens de différents établissements de haute réputation dans une manière de classe intemporelle. La série s’appelait « Potaches et labadens ». Les labadens, ce sont des personnages du théâtre de Labiche qui se retrouvent  après leurs études et gardent l’esprit potache. Potaches : ceux qui ont partagé  le « pot » du lycée, en riant…

Avec la participation de Thibault Maillet, étudiant.

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