Au peuple de Venise étaient prodiguées des fêtes qui lui faisaient oublier ses révoltes passées. Aux simples citoyens étaient offertes quelques marges de manœuvre. Mais c'était à la classe active des grands marchands qu'était réservé l'usage du pouvoir.

Patricienne de Venise par Alexandre Cabanel - 1881
Patricienne de Venise par Alexandre Cabanel - 1881 © museumsyndicate.com / FredoB

De République communale, Venise était devenue Sérénissime et les mêmes grandes familles continuaient à se distribuer les responsabilités. Le commerce, de maritime, pouvait devenir de plus en plus terrestre; son périmètre se restreindre; l'industrie et l'agriculture pouvaient peu à peu le supplanter : les mêmes équilibres politiques demeuraient, ardemment défendus par de grandes familles, qui n'imaginaient pas de meilleur système que celui de la subtile Sérénissime.

Au sommet, du moins en apparence, se tenait le doge. En cette période de l'Ascension, à la proue du Bucentaure, il célébrait ses noces avec la mer. Une manière de sacrement supplémentaire dont la splendeur lui faisait oublier qu'il était enfermé dans un corset de conseils et de contre-pouvoirs qui lui laissaient peu d'initiatives. Prince par sa majesté, il était dans la réalité le premier des fonctionnaires d'une République qui enserrait tous les Vénitiens dans un filet de sécurité, qui finit par se rompre mais seulement en 1797.

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