Face au multiculturalisme qui gagne, beaucoup de néo-zélandais insistent sur le bi-culturalisme. Le pays s’appelle aussi Aotearoa, le maori est langue officielle. Et des maoris, on attend qu’ils nourrissent la nouvelle mission que cultive la Nouvelle-Zélande : elle voudrait être demain aux avant-postes de l’écologie.

Adrian Macey en 2004
Adrian Macey en 2004 © Getty / Christian Alminana

La cathédrale de Paris était en construction depuis longtemps et le peuplement de la Nouvelle-Zélande n’avait pas encore commencé ! Les Maoris la rejoignirent en pirogue, depuis la Polynésie, seulement dans la seconde moitié du XIIIème siècle. Les Européens vinrent plus tard. C’est à un moment récent, dans une histoire courte, qu’elle entra dans l’Empire britannique - pour en sortir dans la seconde moitié du XXème.

La Nouvelle-Zélande aime se présenter en jeune pionnière. Elle vient de lancer avec la France un manifeste pour prévenir le téléchargement des contenus terroristes sur le net. A cette fin, sa Première ministre, Jacinda Ardern, était à l’Elysée mercredi. Au lendemain des tueries de Christchurch, le monde a découvert cette femme de 38 ans, qui se veut positive en toute circonstance et s’inscrit dans le sillage d’un progressisme de longue durée. Dès 1893, la Nouvelle-Zélande a accordé le droit de vote aux femmes : il y a un féminisme des antipodes… Dès 1935, le parti travailliste, celui auquel appartient aujourd’hui Jacinda Aldern, commença à construire l’Etat-providence et la Sécurité sociale. Il faut ajouter que c’est le même parti travailliste qui, « retourné », lança une expérience, radicale, de néo-libéralisme ! Toujours le caractère pionnier…

Le démantèlement du modèle social avait alors pour but de rendre l’économie néo-zélandaise compétitive dans la région. Le pays est tourné dorénavant vers le Pacifique et l’Asie : c’est l’économie asiatique, notamment chinoise, qui est devenue déterminante pour lui.

Dans le même temps où pivotait le centre de gravité, l’immigration s’est développée. Elle est extrêmement diverse, comme en a témoigné la liste des victimes de Christchurch. Mais là encore, l’Asie domine. La population asiatique va bientôt supplanter en nombre les maoris.

Face au multiculturalisme qui gagne, beaucoup de néo-zélandais insistent sur le bi-culturalisme. Le pays s’appelle aussi Aotearoa, le maori est langue officielle. Et des maoris, on attend qu’ils nourrissent la nouvelle mission que cultive la Nouvelle-Zélande. Expérimentatrice naguère de l’Etat-providence, elle voudrait être demain aux avant-postes de l’écologie. Ne se tient-elle pas au milieu d’un océan dont l’écrivain maori Witi Ihimaera dit qu’il est « le grenier de nos âmes » ?

Le site de l’Institut d’Etudes Avancées de Nantes

Bibliographie :

Guy Baudelle et Georges-Goulven Le Cam L'Australie et la Nouvelle-Zélande PUR

Francine Torlon La Nouvelle-Zélande, du duel au duo Presses universitaires du Mirail

Douze écrivains néo-zélandais Sabine Wespieser éditeur

Discographie :

Ana Hato Te arawa (Chanteurs maoris enregistrés en 1927 à Rotorua (Nouvelle-Zélande) durant  la visite de leurs altesses royales le Duc et la Duchesse d'York)

Les invités
  • Adrian MaceyAncien diplomate, professeur à l’université Victoria de Wellington
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