Inscription sur le Mur de Berlin lors de la réunification allemande le 3 octobre 1990
Inscription sur le Mur de Berlin lors de la réunification allemande le 3 octobre 1990 © RIA Novosti archive / Boris Babanov

Angela Merkel, célébrant le 25e anniversaire de la chute du mur, affirmait : « Le besoin de liberté est trop fort pour ne pas l’emporter sur le long terme » La chancelière vient de l’Est. Le président fédéral aussi. La présence à Berlin de l’une et l’autre de ces deux personnalités ne suffit pas pour conclure que la République fédérale allemande s’est « orientalisée ». Car c’est bien l’Ouest qui a absorbé l’Est, l’entraînant dans un processus de rattrapage qui a économiquement fonctionné : en 1989, le revenu d’un allemand de l’Est était le tiers de celui d’un habitant de l’Ouest ; aujourd’hui, il atteint les deux tiers.

Mais, sous l’arithmétique et le mesurable, il y a l’invisible qui structure toujours les esprits. Les habitants anciens des cinq länder de l’Est vivent, sans les confondre, dans deux temporalités différentes – l’Est d’abord, l’Ouest ensuite. De surcroît, ils ont parfois vécu dans la temporalité nazie. Une des nouveautés de la réunification a été la permission donnée à la psychanalyse de s’implanter : elle n’est pas de trop quand il s’agit de démêler des récits familiaux d’une complexité inouïe.

Se structurent aussi à l’Est des comportements politiques singuliers : l’abstention, voire la défiance, par rapport à la démocratie parlementaire, y sont plus fortes. Les vœux d’Angela Merkel ne sont pas entièrement exaucés. Les méchantes langues disent même que son comportement ramène l’état maternant, déresponsabilisant qui était le propre de la RDA !

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