"Un matin devant la porte du Louvre" - Debat-Ponsan - 1880
"Un matin devant la porte du Louvre" - Debat-Ponsan - 1880 © domaine public / Musée d'art Roger-Quilliot

Les prophètes appellent à des réformes, les militaires en guerre se fixent des objectifs rationnels, ils défendent un acquis ou recherchent un gain. Les fanatiques de l’Apocalypse, eux, sont déjà dans un autre monde.

Apocalypse signifie dévoilement. A ceux qui ont été choisis a été ouverte une porte sur la fin des temps et celle-ci ne se refermera pas. Dans cette perspective, la mort change de sens. Elle peut être donnée à ceux qui relèvent du monde impur et corrompu qui finit. Mieux : ceux qui la donnent sont non seulement innocents mais ils s’approchent plus vite du royaume ultime.

Des rédempteurs sacrificiels de cette espèce apparaissent souvent dans l’histoire. A bien des égards, le dernier Hitler, pas celui des prophéties de « Mein kampf » mais celui des années d’extermination, était devenu un agent de l’Apocalypse.

Pour que des hommes entrent dans cette autre temporalité, il ne suffit pas qu’il y ait du trouble, du ressentiment et des frustrations. Il ne suffit pas qu’il y ait des guerres. Il faut que les mythes que secrète la mort soient mis dans un certain ordre par la diffusion qui en est faite. La circulation des interprétations du temps est essentielle.

Aujourd’hui, on sait que le net est un terreau formidable pour la multiplication des signes du grand dérangement. Il en fut de même des guerres de religion du XVIème qui, à bien des égards, sont les filles de l’imprimerie.

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