C’est une reine Stuart, Anne, qui réalise le Royaume-Uni, déjà tenté avant elle par Cromwell. Le Parlement d’Ecosse tint sa dernière session en 1706 puis fut, en 1707, réuni à celui de Londres. L’Ecosse en fut quitte pour payer davantage d’impôts mais put aménager davantage de routes et développer son commerce.

Carte des Îles Britanniques en 1631
Carte des Îles Britanniques en 1631 © Getty / Sepia Times

Le Royaume-Uni lui permit aussi de participer à la construction de l’Empire : les Écossais pouvaient d’autant moins se dire colonisés qu’ils étaient colonisateurs.

En 1800, l’Irlande entra à son tour dans le Royaume-Uni. Le siècle qui venait de s’achever, celui de "l’ascendancy anglo-protestante" avait peut-être été le pire qu’elle avait connu.

C’est par l’Irlande que la désunion est passée. L’indépendance est enfin venue dans la première moitié du XXe siècle mais le Nord a connu encore une guerre civile de trente ans après 1969. Le sujet de l’Irlande est d’autant plus sensible qu’il s’agit d’une question de dimension européenne. Londres a toujours craint que ses adversaires ne la mettent en difficulté par l’Irlande.

Juste avant l’an 2000, l’Ecosse a, elle, retrouvé son Parlement et ses institutions propres. Le vote du Brexit et le tohu-bohu qui a suivi ont contribué à ressusciter ses velléités d’indépendance. Mais le nouveau nationalisme pratiqué en Ecosse se veut ouvert non seulement sur l’Europe mais sur le monde. En témoignent les conditions d’accès au premier et sans doute au second référendum sur l’indépendance : les ressortissants de l’Union européenne et du Commonwealth peuvent y participer. Paradoxalement, ce sont les partisans du Royaume-Uni qui apparaissent aujourd’hui les plus tentés par le repli sur soi.

Bibliographie

  • La Glorieuse Révolution d'Angleterre. 1688 de Bernard Cottret (Gallimard).
  • Histoire de l'Angleterre. De Guillaume le Conquérant à nos jours de Bernard Cottret (Tallandier).
  • Histoire de l'Irlande et des irlandais de Pierre Joannon (Perrin).
  • Le coeur de l'Angleterre de Jonathan Coe (Gallimard).

Chant The corries "Massacre of Glencoe"

Les invités
  • Bernard CottretProfesseur émérite de civilisation des îles Britanniques et de l’Amérique coloniale à l’Université de Versailles Saint-Quentin en Yvelines
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