Autriche, Hongrie, Pologne, Italie… La bataille politique du dimanche s’inscrit dans l’agenda des élections européennes prochaines et, certainement, s’inscrira un peu plus tard dans celles des municipales françaises dans les grandes villes.

Manifestation devant un Grand Magasin parisien en mai 1995
Manifestation devant un Grand Magasin parisien en mai 1995 © Getty / Yves Forestier

Afin de justifier l’élargissement de l’ouverture des commerces, mouvement qui gagna quasi toute l’Europe dans les années 1990, que n’a-t-on dit des dimanches puritains du Royaume Uni ? Ils étaient couleur de muraille, certainement et jusqu’à la caricature. Mais le plus important était que leur couleur se distinguait de celle des autres jours. La vie a besoin d’être scandée. On le savait avant que les religions monothéistes n’imposent chacune leur jour extraordinaire de leur choix.

L’Europe et les Etats-Unis, quand ils avaient le pouvoir de synchroniser le monde, ont généralisé le dimanche. Peut-être a-t-il connu son apogée quand les églises et les temples commençaient à se dépeupler dans les années 1950-1970 : flanqué de son samedi largement dévolu aux achats, il était alors très généralement respecté. 

La dérégulation est venue ensuite. Marquée par beaucoup de paradoxes. La Suède, pourtant sociale-démocrate, donna le branle. Des pays comme le Royaume Uni et l’Irlande où le dimanche était particulièrement ancré allèrent très loin dans la banalisation. Les pays méditerranéens entrèrent plus tard dans la danse. En France, l’évolution est singulière : après un tour de chauffe à la fin des années 80, nombre de magasins choisirent d’ouvrir des brèches dans la légalité jusqu’à ce que les textes changent en 2009-2015.

On peut penser que le mouvement est irréversible. C’est sous-estimer le poids des idéologies. La banalisation des dimanches s’appuyait sur un discours idéologique et dissimulait les rares enquêtes sérieuses qui tentaient de mesurer ses effets réels sur l’emploi et la sociabilité. Plusieurs gouvernements récemment élus ont choisi, pour des motifs idéologiques inverses, de revenir sur la dérégulation. Le jeune chancelier autrichien n’a pas besoin de le faire puisque la législation traditionnelle n’a pas été ébréchée dans son pays. La Hongrie d’Orban en 2014, la Pologne du PIS en mars de cette année, elles, reviennent sur les réformes de leurs prédécesseurs. Et Di Maio, le vice-président Cinq Etoiles du gouvernement italien annonce une loi pour la fin de l’année. Justification des uns et des autres : la protection de la  famille et de la sociabilité.

Autriche, Hongrie, Pologne, Italie… La bataille politique du dimanche s’inscrit dans l’agenda des élections européennes prochaines et, certainement, s’inscrira un peu plus tard dans celles des municipales françaises dans les grandes villes.

Programmation musicale : Chanson "Fermé jusqu'à lundi" chanté par Mireille et Jean Sablon.

Chanson "Hécatombe" de Brassens.

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