En 711, le passage des Pyrénées. En 759, la chute de Narbonne, capitale de la cinquième province d'Al-Andalus. La période, courte, est documentée par peu de textes et encore moins de traces archéologiques mais elle est l'objet de nombreuses interprétations idéologiques.

Les Musulmans sortant de Narbonne, rendue aux Francs par Pépin le Bref en 759 - gravure d'Emile Bayard - 1880
Les Musulmans sortant de Narbonne, rendue aux Francs par Pépin le Bref en 759 - gravure d'Emile Bayard - 1880 © cc

Exemple. "Coran dans une main, cimeterre dans l'autre, ils envoient femmes et enfants en esclavage, ils sont des centaines de milliers d'arabes et de berbères, ils transforment les églises et les synagogues en mosquées ." Ces clichés ne sont pas issus d'une chronique hyperbolique du Moyen-Âge mais d'un livre tout récent qui se vend en piles dans les gares et où un comédien à succès - sans doute un "humoriste" de plus - prétend raconter l'histoire de "L'Hexagone".

Ceux qui n'imaginent pas le passé de la France comme un bloc s'intéressent aussi de plus en plus à cette période. Ils constatent qu'il aurait pu se constituer un Occident musulman et se demandent jusqu'à quelles limites aurait été poussé le dar-el-islam ? Narbonne, certainement, en aurait été. Et, là, c'est un autre débat qui est agité par les tempéraments régionalistes : les habitants de notre futur Midi ne considéraient-ils pas, à l'époque, les Francs venus du Nord eux aussi comme des envahisseurs, à l'instar des musulmans ?

Ce n'est pas parce que les faits sont lointains que les ressentiments sont éteints.

(Rediffusion du 13/01/2014)

Les invités
Les références
L'équipe
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.