Recevant cette semaine son Nobel de littérature à Stockholm, Svetlana Alexievitch a évoqué d’emblée sa famille nourrie de livres

Svetlana Alexievitch
Svetlana Alexievitch © Getty / Axel Schmidt / Intermittent

Son père enseignant resté soviétique jusqu’au bout, sa mère non communiste, ukrainienne et les villages de son petit pays, la Biélorussie, « coincé entre deux pressoirs ». Elle n’a rien dit en revanche de sa filiation littéraire immédiate : les écrivains biélorusses Alès Adamovitch et Vassil Bykov l’ont pourtant précédée dans un genre où elle a ensuite excellé, la collecte de témoignages liés ensuite par l’écriture, comme dans un chœur.

Depuis la perestroïka, elle a publié une demi-douzaine de grands livres. En France, certains ont rencontré beaucoup de lecteurs, suscité nombre d’adaptations. C’est le cas de « La supplication », entreprise après la catastrophe de Tchernobyl et des « Cercueils de zinc » : à la fin des années 1980, les cercueils des soldats soviétiques engagés dans a la dernière aventure militaire de l’URSS brillaient au soleil sur les tarmacs des aéroports d’Afghanistan avant d’être ramenés au pays…

Il suffit de lire une ligne de chacun de ces ouvrages pour comprendre que Svetlana Alexievitch n’est pas l’historienne froide qu’elle prétend parfois être. Elle dit aussi ne pas vouloir tenir un flambeau allumé. En même temps, sur le sujet qui lui tient le plus à cœur, la fin et la survie de l’homme rouge, elle délivre des messages, apparemment contradictoires. D’un côté, elle observe que le moule soviétique est cassé et de l’autre que l’homo sovieticus survit. Comme si, en vingt ans, l’Union soviétique avait totalement changé et en cent ans, la Russie pas du tout.

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