L'inauguration du canal de Suez, en 1869, est le point d'orgue d'une longue période où, sous la conduite de Méhémet-Ali et de ses descendants, l'Egypte s'émancipe de l'empire ottoman et intègre un monde plus large.

Portrait de Méhémet-Ali, Vice-roi d'Égypte, par Auguste Couder - 1841
Portrait de Méhémet-Ali, Vice-roi d'Égypte, par Auguste Couder - 1841 © domaine public / Bibliotheca Alexandrina's Memory of Modern Egypt Digital Archive

Certains historiens de l'économie disent qu'à cette époque, l'industrie avait atteint le même niveau, par exemple, qu'en Bohême ou en Catalogne et que le produit intérieur par habitant n'était pas si loin de celui de la France. De l'administration de l'impôt à celle de la justice, la rationalisation avait gagné beaucoup de terrain. Et l'instruction progressait.

Cependant l'extrême dirigisme avait empêché la constitution d'une vraie bourgeoisie industrielle et commerciale. En matière agricole, le pays était devenu une vaste ferme gouvernementale. Et l'armée était prioritaire en tout. C'est à ce moment qu'elle commence à détenir le rôle-clé qui est encore le sien aujourd'hui.

Elle ne suffit pas, cependant, à obtenir d'Istanbul l'indépendance totale ni à tenir tête vraiment aux Européens. Et quand, après le ruineux canal de Suez, la dette égyptienne se creusa trop, ceux-ci défendirent leurs intérêts avec opiniâtreté, envoyèrent sur place ce qu'on appellerait aujourd'hui une troïka. A l'impulsion modernisatrice des souverains, succéda la tutelle coloniale.

On comprend que les Egyptiens du XXe siècle aient pu regretter la tentative de décollage du XIXe.

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