Illustration du magazine Stopover évoquant la prédominance des telenovelas en Amérique du Sud
Illustration du magazine Stopover évoquant la prédominance des telenovelas en Amérique du Sud © cc / Eugene Smith

A elle seule, Globo, avec ses dix studios, a produit 2500 heures de telenovelas. Sans compter les miniséries. Ses quatre grands rendez-vous, autour de 18, de 19, de 20 heures et de 22 heures exigent quotidiennement de la fiction fraîche.

Les telenovelas, grands produits d’exportation, en sont venues à exprimer la brésilianité à l’extérieur. Et pourtant elles racontent un Brésil de fiction.

Quand elles prirent leur envol, régnait une dictature militaire qui dura tout de même plus de vingt ans : il était beaucoup de thèmes qui ne pouvaient être traités. Aujourd’hui, les scenarios ont beaucoup évolué mais il reste une censure : c’est celle du public. Une alliance inconsciente se trame entre lui et la production qui écarte certains sujets ou bien impose leur impose un traitement convenu.

Ainsi la vie politique n’est-elle plus interdite de représentation. Mais il n’est possible de la décrire que négativement. Les élus qui sont montrés n’entrent dans la carrière qu’à la recherche de bénéfices personnels et finissent évidemment corrompus jusqu’au cou. Mais, dans la réalité, 60% des parlementaires, ceux-là mêmes qui participent actuellement à l’impeachment de Dilma Roussef ne sont-ils pas susceptibles d’être visés par des enquêtes de justice ?

Où est le pays réel ? Où est la fiction ?

Avec un bel esprit de système, les journalistes mais aussi les commentateurs plus autorisés comparent l’impeachment de la présidente en cours à une télénovela à rebondissements. Ils ne peuvent avoir complètement tort. Les telenovelas sont toujours faites de trames différentes qui deviennent de plus en plus indémêlables. En ce sens, les considérer est de bonne méthode pour l’historien.

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