Depuis le début du millénaire, les dépenses d’armement sont reparties à la hausse avec même une tendance récente à l’accélération. Mais les proportions des dépenses de défense ne sont plus les mêmes. Les acteurs non plus. Ils sont bien plus nombreux.

La semaine dernière, les Russes déployés en Syrie savaient tout des intentions des trois pays lanceurs de missiles et de la trajectoire de leurs engins dirigés vers des cibles industrielles à Damas. Ils les ont laissé aller leur chemin. Bilan provisoire : la confrontation directe a été évitée ou retardée. Autre leçon de ce moment difficile : la transmission et le contrôle de l’information comptent au même titre que la puissance de l’armement. Internet fait partie des champs de bataille.

On dira que le renseignement était déjà une des branches – ô combien romanesque – de la guerre froide. Mais faut-il continuer de comparer, rituellement, les instants électriques que nous vivons ces années-ci avec les longues décennies de la guerre froide ?

Certes, depuis le début du millénaire, les dépenses d’armement sont reparties à la hausse avec même une tendance récente à l’accélération. Mais les proportions des dépenses de défense ne sont plus les mêmes. Les acteurs non plus. Ils sont bien plus nombreux. Les Etats-Unis pèsent pour un tiers des ventes d’armements dans le monde et gardent la suprématie technologique mais les Chinois contestent leur leadership, ils vendent des armements jusqu’en Afrique ou en Amérique latine. C’est en Asie et, à son flanc, au Moyen Orient qu’on trouve les pays qui gonflent le plus leur budget d’achat. Encore un phénomène nouveau : les consommateurs se voient également en producteurs. L’Inde achète de plus en plus mais fait des calculs sur les transferts de technologie en même temps qu’elle dose soigneusement le poids respectif de ses pays-sources : tant pour les Suédois, tant pour les Français etc. Bref, la concurrence est partout et la situation fluide et difficilement prévisible.

Ce qui est sûr, en tout cas, c’est qu’une détente rapide avec une baisse significative des armements n’est pas concevable actuellement alors qu’elle a pourtant pu se produire il y a une génération, à la fin de la guerre froide. Il n’y a plus que les ONG qui manient encore aujourd’hui le vocabulaire du désarmement.

Programmation musicale : "Chanson sur l'ami" de Vladimir Vyssotsky

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