Mussolini, c’était une tête avec un profil de médaille. Il figurait aussi l’autorité parce que son corps d’homme vibrait d’une autorité évidente. C’est ce corps que les partisans qui viennent d’abattre l’ex-Duce en fuite présentent à la foule esplanade Loreto, à Milan, en avril 1945 : humilié , la tête en bas.

« Je le pendrai à un croc de boucher »…Quand cette expression apparaît dans le vocabulaire politique, elle ne présage rien de bon. Elle sent la guerre civile et la guerre civile est une tragédie corporelle.

Achille tirant le corps d’Hector derrière son char la face contre terre, Khadafi offert aux photographes après avoir été lynché : quel discours politique ces corps exposés peuvent-ils fonder ?

A Troie, Priam a rapidement obtenu d’Achille la restitution du corps de son fils. Il a fallu douze ans et moult aventures pour que celui de Mussolini obtienne une sépulture identifiée. Ensuite, sa vie posthume ne s’arrête pas là. C’est au moment où sa famille lui rend les honneurs qu’il réapparaît dans toutes sortes de documentaires mais tel un pantin qui semble soudain ridicule aux yeux des téléspectateurs des années 60-70.

Et maintenant ? La crypte du Duce attire beaucoup de pèlerins qui sont sans doute d’abord des curieux mais le Padre Pio, le stigmatisé, a davantage de succès. Le fond d’écran du site officiel de Mussolini représente une nuit étoilée : tout baignerait-il dans la paix ? Mais la mythologie dont l’Italie est friande n’a pas dit son dernier mot.

Tombeau de Benito Mussolini dans la crypte famililale dans le cimetière de Predappio
Tombeau de Benito Mussolini dans la crypte famililale dans le cimetière de Predappio © Lovio / cc
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