Loi sur le sacrilège
Loi sur le sacrilège ©

Nous nous accoutumons à l'actualité telle qu'elle est est en 2015 mais, convenons-en, il y a peu d'années l'objet du débat parlementaire de 1825 que nous allons restituer aurait paru incongru : "faut-il que la loi de l'Etat punisse ses sacrilèges, et comment ?".

Ce débat a paru tel aussi à bien des Français de la Restauration qui considéraient comme acquise l'abolition en 1791 des délits de sorcellerie, d'hérésie, de blasphème et de sacrilège.

Dans les années 1816-1820, Louis XVIII regnant avec prudence et son favori Decazes, gouvernent dans un esprit d'ouverture, pareil grand bond en arrière n'aurait d'ailleurs pas paru convenable.

Mais en 1820, le duc de Berry est assassiné et Decazes est écarté; en 1824, Louis XVIII est remplacé par son frère Charles X. Celui-ci a beaucoup d'aisance quand il monte à cheval mais peu d'intelligence quand il s'agit de comprendre l'époque. La chambre qui est élue cette même année est très réactionnaire. Elle repose sur une base sociale extrêmement étroite : 100 000 électeurs (1 français homme sur 100 !) généralement propriétaires de province et payant à ce titre un cens élevé. L'intention affichée par les députés de la "majorité" issus de ce scrutin restreint est d'en finir avec la Révolution, en substituant à la défunte Déclaration des Droits de l'Homme une...Déclaration des droits de Dieu.

La loi sur les sacrilèges que présente en avril 1825 le garde des sceaux Peyronnet, propose la prison pour qui volerait dans les églises, les travaux forcés pour qui déroberait les vases sacrés hors du tabernacle et la peine capitale pour qui violerait ce tabernacle où reposent les hosties que le prêtre va consacrer ou a déjà consacré - le corps et le sang du christ.

Quelque soit le choc que provoque pareille détermination, le Chambre de 1825 ne perd pas son flegme. Il faut comprendre qu'elle ne recrute pas dans des partis mais dans des salons. Ses membres sont pour une bonne moitié des nobles; ils portent habit bleu roi à broderies fleur de lysées. Monseigneur Frayssinous va de l'un à l'autre dans sa soutane froufroutante. Les tribunes sont emplies de femmes du monde qui guettent Benjamin Constant, le grand écrivain séducteur. La présidence est assurée par Auguste Ravez.

Les membres de la Comédie Française qui participent à la séance :

  • Eric Génovèse : Lamartine et Freyssinous

  • Jérôme Pouly : Jean Reynaud et Bertin de Vaux
  • Pierre Louis Calixte : Nicolas Gerdy et Bertier de Sauvigny
  • Michel Favory : Fayet et Benjamin Constant .
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