Le mot laïcité, il faut l’expliquer, répète Jean-Louis Bianco, qui préside le Conseil du même nom.

S’il faut l’expliquer, c’est qu’une incertitude règne sur son contenu. Il n’apparaît pas dans le corpus fondateur des lois de séparation de 1905. Peut-être est-on en train de lui inventer peu à peu un contenu qu’il n’avait pas quand il commença à se généraliser ? On est en droit aussi de se méfier du ton d’autorité sur lequel il est souvent prononcé : l’expérience prouve que dans notre état érodé, les valeurs affichées le plus haut sont souvent celles dont nos responsables sont les moins sûrs.

En tout cas, dans le nouvel espace ouvert à l’ éducation morale et civique, la laïcité doit dorénavant être enseignée en tant que telle. Ainsi que le fait religieux. Et ici, c’est encore davantage le pot-au-noir. Les héritiers des Lumières se sont en effet persuadés que les religions, sous l’effet de la science et du progrès, disparaîtraient peu à peu. Ou encore que le phénomène religieux pourrait être cantonné à l’affectif et au privé. Et voilà qu’il apparait de plus en plus comme un fait social et politique organisateur de la vie de plus en plus de Français. Les catholiques entendaient être des catholiques et les musulmans entendent être des musulmans et ne pas renoncer à leurs moeurs familiales. Si la République est autre chose qu’un catéchisme de valeurs, il lui faut proposer un destin collectif et reconnaître plusieurs manières d’être et, si possible, les faire entrer dans un concert. Mieux vaut encore disputer que de se croiser sans se voir.

9/12/2013 ; PARIS ; FRANCE - La plaque de la place de la Laicite dans le XV eme arrdt de Paris.
9/12/2013 ; PARIS ; FRANCE - La plaque de la place de la Laicite dans le XV eme arrdt de Paris. © Christophe Petit Tesson/MAXPPP
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