Carte de la ville de Tainan à Taïwan au XVIIIème siècle
Carte de la ville de Tainan à Taïwan au XVIIIème siècle © domaine public

En même temps que se déroulaient les élections taïwanaises, les réseaux sociaux diffusaient l’histoire d’une chanteuse de l’île, une gamine de seize ans qui, membre d’un groupe coréen, avait cru pouvoir arborer le drapeau de Taïwan. Pour garder son marché sur le continent, elle a dû présenter de plates excuses. À la colère des internautes chinois, a succédé celle des internautes de Taïwan.

D’un côté, un géant ; de l’autre, un petit dragon.

D’un côté, un système resté autoritaire ; de l’autre, un régime qui a réussi à devenir démocratique.

D’un côté, la République populaire de Chine et de l’autre, la République de Chine à Taïwan. La République populaire ne la reconnaît pas mais si, d’aventure, elle se hasardait à abandonner son nom pour devenir Taïwan, Pékin ne l’accepterait pas.

Taïwan vit ainsi dans l’équivoque, reconnue par une vingtaine de pays seulement dans le monde.

Une Constitution mais pas de frontières de droit. Des frontières de fait avec un système de sécurité digne d’Israël mais un outil militaire qui serait bien difficile à utiliser.

Le jeu entre Pékin et Taipei est un vrai casse-tête. Les dirigeants des deux pays ont parié ces dernières années sur la coopération économique et donc l’intégration lente et pacifique. Mais le temps joue contre Pékin : les taïwanais d’aujourd’hui sont de plus en plus nombreux à se sentir d’abord taïwanais.

La présidente, qui vient d’être élue, incarne cette tendance. Taïwan aux urnes, Pékin est aux aguets.

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