En 1900, le 4 juillet, La Fayette le revoilà ! Sa statue est inaugurée au Carrousel du Louvre ; en pleine Exposition universelle. L’année suivante, nos statistiques commencent à distinguer les Américains parmi les résidents étrangers mais les Américains de France sont alors majoritairement des Américaines...

Isadora Duncan
Isadora Duncan © Getty / Bettman

En 1900, le 4 juillet, La Fayette le revoilà ! Sa statue est inaugurée au Carrousel du Louvre ; en pleine Exposition universelle, on hisse le drapeau américain en haut de la tour Eiffel. L’amitié franco-américaine est solennellement réaffirmée.

L’année suivante, nos statistiques commencent à distinguer les Américains parmi les résidents étrangers. Il apparaît qu’ils sont plus riches que les autres ; ce n’est pas une surprise : qui imaginerait à l’époque un Américain pauvre passerait pour un fantaisiste. Autre évidence ou considérée comme telle : les Américains résident surtout à Paris et quand ce n’est pas à Paris, c’est à Neuilly… En revanche, un chiffre est moins attendu : les Américains de France sont alors majoritairement des Américaines…

Ces Américaines sont célibataires, mariées, divorcées, veuves

Mais il ne faut pas se fier au seul état-civil officiel. Isadora Duncan, la danseuse, affirme qu’elle a quitté les Etats-Unis parce l’exercice des sens y est comme aboli par le puritanisme. Sylvia Beach, la grande libraire et éditrice, présente notre capitale comme sa libératrice. Bien des Américaines dont nous allons parler vont goûter aux plaisirs saphiques, comme on disait à l’époque. Celles qui se préoccupent encore de se justifier disent que, si on ne vaut pas perdre le goût des hommes, il faut pratiquer celui des femmes.

En fait, c’est dans beaucoup de domaines que ces Américaines revendiquant l’ambiguïté sexuelle jouent un rôle de passage, d’intermédiaire. Winnaretta Singer, héritière des machines à coudre, lesbienne qui forme un couple d’affection avec un prince de Polignac homosexuel, fait de son mécénat un axe essentiel de la vie musicale française. Sylvia Beach, autre grande pollinisatrice, ose l’aventure de l’édition d’Ulysse de James Joyce.

Joyce, assez indifférent aux habitudes salonnières et aux mœurs des uns et des autres, avait ceci de commun avec les femmes dont nous allons parler : d’abord vivre dans la vérité.

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