C'est un des exploits du latin que d'être resté langue d'échange dans l'Eglise catholique. Sauf que la prouesse ne tient plus ses promesses. Lorsque, le 11 février, Benoit XVI a annoncé sa renonciation "au ministère d'évêque de Rome", le cardinal Jean-Louis Tauran a ainsi dû avouer qu'il lui avait fallu un long moment pour comprendre.

Mosaïque avec inscriptions latines de la basilique d'Aquilée en Italie - IVe siècle
Mosaïque avec inscriptions latines de la basilique d'Aquilée en Italie - IVe siècle © cc / Wolfgang Sauber

Et c'est ce même cardinal français, qui dit lui-même avoir un peu perdu son latin, qui a prononcé l'attendu "habemus papam" ! Il est vrai que le nouveau "successeur de Saint-Pierre" appartient à la Compagnie de Jésus. Mais jusqu'à quel point a-t-il gardé l'empreinte des "humanités" ?

Tout de même ! Son association avec l'Eglise n'était déjà pas très porteuse, en termes d'image... Si, de surcroît, le latin ne sert plus vraiment la communication dans l'Eglise !

Le dernier bastion où il était encore langue d'usage tomberait-il, reste au latin le rôle de langue cultivée. Ce qui n'équivaut pas obligatoirement à se tenir dans l'obscurité, avec la discrétion requise des langues mortes !

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