Le Corbusier vers 1938
Le Corbusier vers 1938 © corbis

Il est mort il y a cinquante ans, noyé dans la Méditerranée, en face du cabanon ascétique qu’il avait conçu à Roquebrune – 3 mètres 66 sur 3 mètres 66.

Malraux a prononcé son oraison funèbre, comme pour Braque, comme pour Moulin. Certes, le Corbu n’avait pas été du même côté que le fondateur du Conseil national de la Résistance mais, après-guerre, il avait conquis une position vraiment dominante.

Ayant toujours pensé que la vie d’un homme ressemble à la fiction qu’il invente en chemin. Il s’était construit une silhouette reconnaissable au premier coup d’œil ; inlassablement, il avait défendu sa conception du logis familial, « pour le bonhomme-homme, sa femme et ses gosses », la peaufinant jusqu’au plus infime détail technique, l’insérant dans un ensemble vertical plus vaste, un village en hauteur, comme on met une bouteille dans un porte-bouteille.

Et ainsi surgirent dans les années de la reconstruction les quatre cités radieuses, qui l’étaient encore toutes quand Malraux les présentait comme autant de chefs d’œuvre capables de se mesurer aux grands édifices du passé. Le grand déclamateur de la République gaullienne pensait aux temples grecs avec leurs colonnes doriques, aux cathédrales avec leurs fûts…

En même temps, la famille corbuséenne s’était constituée contre d’autres, qui , au milieu de cent attaques, osaient parfois dénoncer l’esprit concentrationnaire de ses « unités conformes d’habitation ». Le Corbu les considérait comme des petits hommes prisonniers de leurs routines et de leur pauvre bon sens. Cependant, cinquante ans après, le temps ne joue-t-il pas cependant en faveur des esprits critiques ? Derrière le Corbu glorieux, le travail historique ne fait-il pas surgir un Corbusier plus inquiétant ?

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