En direct et en public depuis le Salon du Livre de Paris.

Nous sommes en février 1807. Hors les vétérans de la campagne d’Egypte, les soldats de la Grande Armée ne se sont jamais aventurés aussi loin : Eylau, aujourd’hui située dans l’enclave russe de Kaliningrad, entre Pays baltes et Pologne, c’est une « Outre-terre », dit Jean-Paul Kauffmann.

Les Russes qui se dérobaient depuis des semaines ont choisi le lieu de l’affrontement. Eylau, c’est une morne plaine. A peine une petite éminence avec un cimetière, où Napoléon installe son poste de commandement.

Il y a bien une modeste église dont on voit le clocher dans les tableaux consacrés à la bataille. Quand il se rend sur place, Jean-Paul Kauffmann tient dans son portefeuille une carte postale de celui, fameux, du baron Gros qui l’a tant retenu, au Louvre.

L’enquête est malaisée. « La victoire m’est restée, écrit l’empereur, mais j’ai perdu du monde ». Le tsar considère, lui, qu’il a vaincu et donné aux Français une première leçon avant la campagne de Russie, cinq ans plus tard. Les rapports des états-majors sont contradictoires. La seule chose qui soit sûre, c’est qu’on a marché sur les morts.

Peut-être faudrait-il monter en haut du clocher, ce qu’a dû faire Napoléon. Mais aujourd’hui il est interdit d’accès. D’ailleurs, qu’a pu y voir l’empereur ? Le ciel était bas et noir, la neige grise. Eylau, c’est un mystère sans lumière. Revenu au cimetière, assiégé de près par les Russes, Napoléon a –t-il pressenti qu’il n’était plus l’Infaillible ?

Mots-clés :
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.