En direct et en public depuis le Salon du Livre de Paris.

Les Russes qui se dérobaient depuis des semaines ont choisi le lieu de l’affrontement. Eylau, c’est une morne plaine. A peine une petite éminence avec un cimetière, où Napoléon installe son poste de commandement.

Il y a bien une modeste église dont on voit le clocher dans les tableaux consacrés à la bataille. Quand il se rend sur place, Jean-Paul Kauffmann tient dans son portefeuille une carte postale de celui, fameux, du baron Gros qui l’a tant retenu, au Louvre.

L’enquête est malaisée. « La victoire m’est restée, écrit l’empereur, mais j’ai perdu du monde ». Le tsar considère, lui, qu’il a vaincu et donné aux Français une première leçon avant la campagne de Russie, cinq ans plus tard. Les rapports des états-majors sont contradictoires. La seule chose qui soit sûre, c’est qu’on a marché sur les morts.

Peut-être faudrait-il monter en haut du clocher, ce qu’a dû faire Napoléon. Mais aujourd’hui il est interdit d’accès. D’ailleurs, qu’a pu y voir l’empereur ? Le ciel était bas et noir, la neige grise. Eylau, c’est un mystère sans lumière. Revenu au cimetière, assiégé de près par les Russes, Napoléon a –t-il pressenti qu’il n’était plus l’Infaillible ?

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