Au fil de plusieurs comités centraux de son organisation, Lénine a convaincu les bolcheviks du bien-fondé de sa stratégie de prise du pouvoir...

Gardes rouges pendant la révolution de 1917
Gardes rouges pendant la révolution de 1917 © Getty / Sovfoto

Au fil de plusieurs comités centraux de son organisation,  Lénine a convaincu les bolcheviks du bien-fondé de sa stratégie de prise du pouvoir : pas besoin des soviets et des ouvriers qui se reconnaissent en eux, il faut  s’appuyer sur ses forces propres. L’insurrection est un art tout d’exécution.

En un tour de main, Kerenski qui n’a même plus l’apparence de l’homme fort qu’il a été quelques mois auparavant et son gouvernement provisoire qui ne pouvait plus durer passent à la trappe de l’histoire.

Et le pouvoir revient à un Conseil des commissaires du peuple que les bolcheviks contrôlent entièrement.

On se souvient du titre du livre du journaliste militant John Reed : « Dix jours qui ébranlèrent le monde ». La terminologie communiste s’est longtemps imposée dans le récit d’octobre. Mais d’autres historiographies maintinrent d’autres points de vue, avec une détermination obstinée, jusqu’à se faire de plus en plus entendre.

En réalité, les partis politiques de l’époque ne correspondaient pas nécessairement à la place que Lénine leur a fixée. Les K.D n’étaient pas précisément un parti bourgeois. Les mencheviks et les socialistes révolutionnaires – SR dits de droite, SR dits de gauche avaient autant de titres légitimes pour représenter le socialisme que les bolcheviks. 

Et à dire le vrai, tous – les bolcheviks y compris – étaient secoués en tous sens par les cahots d’une période de plus en plus confuse. Seule l’’élection d’une Assemblée Constituante,  promise pour novembre, dessinait peut-être un horizon d’attente commun. Mais pas pour Lénine qui n’avait que faire des élections et jugea plus sûr d’accrocher au plus vite son étoile rouge au-dessus du pot-au-noir.

Les photos des journées d’octobre sont rares. Elles en donneraient une vision très différente de celle qu’ont imposée, année après année, les célébrations communistes. Mais les témoignages des contemporains sont nombreux. Quelques-uns sont édités ou réédités en français cette année.  En 1966-1967, l’ORTF entreprit une vaste collecte auprès de contemporains qui avaient vécus l’évènement. Une fois encore, nous serons aujourd’hui redevables de ce beau travail aussi honnête que discret entrepris notamment par Catherine Cochran et Jean Belensi.

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