L’histoire du corps expéditionnaire russe est un moyen privilégié d’étudier, vus d’en bas, les processus politiques à l’œuvre en 1917 chez les hommes russes.

Soldats russes en 1917
Soldats russes en 1917 © Getty / Keystone-France

Ils ont longtemps été oubliés mais il y eut beaucoup de Russes à combattre en France pendant la Première Guerre. Les tout premiers le firent dès 1914 sous l’uniforme de la Légion étrangère. Ils n’étaient qu’une poignée mais au printemps 1916, ils furent rejoints par tout un corps expéditionnaire.

Les Français et les Françaises firent à celui-ci un accueil enthousiaste

Les autorités le présentaient comme la promesse d’une armée de 400 000 hommes qui écraserait les Allemands sous son rouleau compresseur. Mais elles durent vite déchanter. Les officiers n’avaient pas la compétence qu’on espérait. Quant aux hommes qui souvent les détestaient, ils furent vite touchés par l’onde révolutionnaire de février 1917. On s’était amusé de leur musique, de leurs danses et de l’ours qui était leur mascotte mais voilà qu’ils amenaient le mauvais exemple.

La première brigade n’accepta de participer à l’offensive du Chemin des Dames qu’après un vote – serré – de ses comités

Elle s’y comporta courageusement. Mais devant le désastre auquel les avait conviés l’état-major, les soldats organisèrent leur sécession. Ils voulaient regagner leur pays. Près de dix mille russes finirent par être mise en quarantaine au camp de la Courtine, dans la Creuse. La majorité d’entre eux s’y mutinèrent ouvertement, sous la conduite d’un soviet.

L’histoire du corps expéditionnaire russe – dont les unités ne se comportèrent pas toutes comme la première brigade - est un moyen privilégié d’étudier, vus d’en bas, les processus politiques à l’œuvre en 1917 chez les hommes russes. Trotski disait :

C’est une expérience idéale, presque sous la cloche d’une machine pneumatique

Elle permet aussi d’approcher de la vérité des individus. Quand le combattant a devant lui un choix possible, comment se comporte-t-il ? Quelle est la part chez lui de la contrainte, du devoir, du consentement ?

Programmation musicale :

  • "La Marseillaise des travailleurs" de Pyotr Lavrov.
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