A l'Elysée, Grévy a introduit le téléphone, Carnot l'électricité, Fallières l'automobile, Auriol la télévision, Sarkozy le survêtement de jogging. Il n'empêche : ce qu'attendent les Français des républiques successives, c'est que le président, dans le décor de grandeurs classiques de l'Elysée, incarne une autorité.

Le général Charles de Gaulle de passage à Isles-sur-Suippe dans la Marne le 22 avril 1963
Le général Charles de Gaulle de passage à Isles-sur-Suippe dans la Marne le 22 avril 1963 © cc / Gnotype

Sa fonction n'est pas polémique ou alors il risque de déclencher trop de clivages : on ne se hasardera pas à citer des exemples trop récents mais on se souvient peut-être de Millerand. Il ne s'agit pas non plus de jouer pépère, le genre Armand Fallières : la présidence n'est pas une fonction digestive. Comment ordonner son propos en un récit compris par le pays et donner suffisamment à voir ce qu'on est, sans devenir transparent comme un ectoplasme ?

Le monarque recevait les saintes huiles, le monarque républicain doit inventer le dosage d'un fluide. La quadrature du cercle quand son aura est dissipée par le quinquennat et son pouvoir réel diminué par la banalisation de la France.

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