Dessinateur qui écrivait, écrivain qui dessinait, Hugo Pratt a laissé bien d’autres personnages que Corto Maltese. Mais rien n’y fait : c’est le marin qu’il avait fait naître bien avant lui, dès 1887 mais qui vieillissait beaucoup moins vite que lui qui lui a survécu.

Hugo Pratt et Corto Maltese
Hugo Pratt et Corto Maltese © Getty

« O mon âme, n’aspire pas à la vie immortelle mais épuise le champ du possible… » Hugo Pratt est mort, à 68 ans, en 1995, en ayant bien usé du monde.

Dessinateur qui écrivait, écrivain qui dessinait, il a laissé bien d’autres personnages que Corto Maltese. Mais rien n’y fait : c’est le marin qu’il avait fait naître bien avant lui, dès 1887 mais qui vieillissait beaucoup moins vite que lui qui lui a survécu.

Il est vrai que Corto parle peu, ce qui lui évite de dire et de commettre bien des bêtises. Il ne se dépense pas non plus à rire. Tout au plus sourit-il souvent.

C’est un vaste public, également qui le maintient en vie. Un public également partagé : adulte autant que jeune, féminin autant que masculin.

Les historiens ont pour lui un goût particulier. Pratt les conduit aux guerres et aux révolutions du XXème siècle par des biais qui ne sont qu’à lui. Exemple : il ne raconte pas 17 façons « Les dix jours qui ébranlèrent le monde ». Il nous emmène plutôt en 1905 rencontrer une jeune révolutionnaire encore sympathique nommé Staline ou en 1919, il nous fait pénétrer dans le train de l’amiral Koltchak, le chef blanc qui sillonne le bassin de la Volga et la Sibérie. Il nous fait entrer dans l’histoire par les chemins des vieux songes qui se moquent des divisions trop visibles entre les camps et entre les pays.

C’est à ce passe-frontière qu’est consacrée une exposition à Lyon, dans un lieu qui, en l’occurrence, mérite son nom, le Musée des Confluences.

L'exposition "Hugo Pratt, lignes d'horizons" au Musée des Confluences de Lyon

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