La Radio Nationale recommença à émettre le 10 juillet 1940, après la débâcle. Les Allemands avaient pris le contrôle de l’émetteur d’Allouis, il lui restait ceux de la zone occupée. On la surnomma vite Radio-Vichy puisque ses dirigeants s’étaient installés dans la ville thermale, comme le gouvernement...

Français écoutant une allocution de l'amiral Darlan, vice-Premier ministre de Vichy, en mai 1941
Français écoutant une allocution de l'amiral Darlan, vice-Premier ministre de Vichy, en mai 1941 © Getty / Universal History Archive

Rediffusion du 04/01/2019

Pendant la Deuxième Guerre, il y avait cinq millions de postes de  radio en France. Les pouvoirs les considéraient comme autant de moyens  de propagande. Mais leurs messages devaient, pour être rendus  consommables, être enveloppés dans deux tiers de spectacle et de  divertissement.

Radio Paris, le poste allemand dans la capitale occupée, s’y est fort bien entendu.

Et la radio nationale ? Elle aussi recommença à émettre le 10  juillet, après la débâcle. Les Allemands avaient pris le contrôle de  l’émetteur d’Allouis, il lui restait ceux de la zone occupée. On la  surnomma vite Radio-Vichy puisque ses dirigeants s’étaient installés  dans la ville thermale, comme le gouvernement, et y avaient aménagé des  studios de fortune, notamment au Grand Casino. Elle pouvait aussi  émettre de studios à Marseille, Nice, Lyon, Toulouse mais il fallait que  les programmes soient emboités de façon si précise que les auditeurs ne  devinent pas le bricolage.

Soumise par le régime à quantité de devoirs d’Etat, elle ne put  jamais avoir la souplesse de Radio Paris ou du programme de Radio  Londres, Les Français parlent aux Français. Néanmoins, elle dit beaucoup  du climat de l’époque.

L’idée nous est venue, en feuilletant ses programmes qu’à partir de  mai 1941, elle publiait dans un bulletin hebdomadaire, de tenter de  restituer une journée de Radio-Vichy au moment, 1941-1942 où, avant  l’occupation de la totalité de la France en novembre 1942, elle pouvait  encore se targuer d’une certaine indépendance et d’une apparente  modération.

Voici le résultat : Franck Olivar a réussi à retrouver ici, là et  ailleurs suffisamment d’épaves sonores, généralement très mal  répertoriées, de cette radio qui, moins documentée par l’histoire que  Radio Paris et Radio Londres, demeura très écoutée et continua même à  envoyer des programmes à destination des colonies voire, par ondes  courtes, vers l’outre-Atlantique.

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