Michel Debré
Michel Debré © Musée de la Résistance

C’était en octobre 1958. Dans son ministère de la place Vendôme, Michel Debré, le Garde, apposait les sceaux sur la Constitution dont il avait rondement assuré la gestation. Son rôle auprès du général de Gaulle a été comparé à celui des légistes du Moyen Age sauf qu’il était viscéralement républicain voire parlementariste, que le gouvernement auquel il participait était une coalition comportant des socialistes, des démocrates-chrétiens, des indépendants de droite et que les électeurs avaient massivement approuvé le texte par référendum.

Aujourd’hui, la question est souvent posée : quelle part de responsabilité les institutions ont-elles dans la crise du politique que nous traversons ? N’est-ce pas plutôt les hommes qui les appliquent qui sont à mettre en cause ? Parmi eux, on voit présentement le président de l’Assemblée nationale composer une commission pour la réforme de la Constitution, tel ou tel autre militer pour une VIe République. Beaucoup d’idées sont jetées en l’air qui, sauf coup d’éclat, ne pourront retomber en réalités puisqu’à la différence de 1958, aucun consensus ne peut être espéré entre les différentes forces politiques survivantes.

La réforme du mode de scrutin serait moins difficile. François Mitterrand, pour limiter les dégâts en 1986, avait réintroduit la proportionnelle pour l’élection des députés. Faire élire une Assemblée ingouvernable, composée d’un tiers de gauche, d’un tiers de droite et d’autant d’extrême-droite, serait encore le moyen le plus commode pour bouleverser les équilibres d’une Constitution qui bénéficie encore d’une légitimité unique dans l’histoire des Républiques. Michel Debré doit se retourner dans sa tombe de n’avoir pu faire du scrutin majoritaire un artiche intouchable.

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