La grande consultation que veut lancer Emmanuel Macron devrait durer le temps qu’il fallut, entre mars et mai 1789, pour rédiger les cahiers de doléances. A l’époque, il n’existait pas de Commission nationale du débat public, cette structure contemporaine que le président songe aujourd’hui à utiliser.

Ouverture des Etats-Généraux à Versailles le 5 mai 1789
Ouverture des Etats-Généraux à Versailles le 5 mai 1789 © Getty / Heritage Images

La grande consultation que veut lancer Emmanuel Macron devrait durer le temps qu’il fallut, entre mars et mai 1789, pour rédiger les cahiers de doléances.

A l’époque, il n’existait pas de Commission nationale du débat public, cette structure contemporaine que le président songe aujourd’hui à utiliser – dans tous les sens du terme. On était encore dans une société divisée entre trois ordres. Chacun rédigeait ses cahiers de son côté. Ceux du Tiers l’étaient d’abord dans les paroisses avant de faire l’objet de synthèses.

Un peu comme les cahiers de ce mois lancés par les maires ruraux et qui ont de suite rencontré le succès. Les cahiers relèvent d’une tradition française bien ancrée et encore monarchiques à bien des égards : un sur deux en 1789 se félicitait d’ailleurs du rôle que pouvait jouer un bon roi, père du peuple.

Changement de registre. Ces jours-ci, une revendication s’est faite jour qui a réussi à fédérer des gilets jaunes divisés sur le reste. Une banderole devant l’Opéra Garnier la résumait bien : « Référendums abrogatoire, révocatoire, législatif, constitutif. On exige, on impose ». On est projeté là, tout soudain, de 1789 à 1793. La Constitution du 24 juin 1793 rendait en effet possible une manière de référendum d’initiative citoyenne qui pouvait renvoyer les lois votées à l’Assemblée devant le peuple. Cette Constitution qui  n’a jamais été appliquée demeure comme un fantôme dans l’imaginaire français. Il est à noter qu’elle avait été promulguée juste après que les sans-culottes avaient envahi l’Assemblée et obtenu la déchéance des députés girondins.

Démocratie participative à la manière de 1789, démocratie immédiate et tranchante comme en 1793. On ne voit pas bien comment la démarche de la grande concertation et la celle du référendum d’initiative citoyenne pourront se rejoindre. A moins qu’Emmanuel Macron, à l’issue de la consultation, si elle va jusqu’à son terme, ne propose pour en rassembler quelques propositions un référendum d’initiative…présidentielle.

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