Le Général de Gaulle en visite à Rio de Janeiro en octobre 1964
Le Général de Gaulle en visite à Rio de Janeiro en octobre 1964 © domaine public
Aucun président ne s’était rendu à Wallis depuis Valery Giscard d’Estaing en 1979. Quant à l’île-sœur de Futuna, elle n’a jusqu’ici jamais reçu de visite présidentielle. François Hollande a réussi à coupler ce déplacement promis à un voyage qui le mènera de Tahiti à Lima, puis à Buenos-Aires et enfin à Montevideo. Le tout en six jours. Quand le général de Gaulle appareillait pour l’Amérique latine, il se préparait à un déplacement de trois semaines ; il est vrai qu’il ne faisait que trois voyages à l’étranger par an alors que Nicolas Sarkozy et François Hollande sont parvenus à une moyenne de quarante, sans compter les rencontres multilatérales. La rapidité est devenue un impératif premier. Parcourir en moins d’une semaine plus que le tour du globe suppose de se transformer en engin supersonique en pilotage automatique. C’est possible pour quelqu’un doté d’une solide résistance. L’adaptation instantanée de la parole présidentielle aux circonstances successives s’apparente, en revanche, à la quadrature du cercle. Ce vendredi soir. François Hollande tente de parler, familièrement, au Téléphone sonne sur l’antenne de France Inter. La semaine suivante, il descend chaque jour d’un tapis volant pour fouler un tapis rouge. Les auditeurs d’Inter écoutent, ou pas, dans un cadre familier. Les hôtes lointains veulent de la solennité. Le voyage présidentiel, à lui seul, illustre bien la difficulté de l’exercice politique aujourd’hui. Il appelle à la comparaison avec le geste gaullienne, mais il est la frénésie médiatique le parcourt : il ne peut plus être protégé de chacune des décharges électriques de la vie nationale et il est guetté par un public qui attend d’abord la faute de l’acrobate. Il s’inscrit dans un espace élargi où la France veut encore inscrire l’empreinte de son rôle mais le temps lui est de plus en plus compté- à elle, astre du passé et à lui, son président, tourmenté par le règne de l‘instant.
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