Ce sont les Britanniques, pourtant, qui ont le plus contribué à modeler la région. Dès 1809, ils tiraient leurs premiers coups de canon au fond du Golfe. Et un siècle plus, en 1903, c’étaient des coups de canon d’hommage qui accompagnaient, d’île en port, la tournée que faisait dans la région l’escadre de Lord Curzon : « Nous avons trouvé le désordre et nous avons instauré l’ordre » , déclarait alors le représentant de Sa Gracieuse Majesté.

Curzon était alors vice-roi des Indes. C’est à partir des Indes et en fonction des intérêts des Indes que la région a été peu à peu agencée. C’était du siège de Bombay de l’East India Company que partaient les initiatives : le but était, pour verrouiller le contrôle des Indes, d’ouvrir l’espace du Golfe. A entendre la propagande britannique, l’intention était de faire disparaître les fléaux qu’elle représentait comme constitutifs de la région : l’esclavage, la piraterie, le fanatisme religieux. Mais l’humanisme proclamé et l’impérialisme peuvent aller de pair. Il reste à faire une histoire économique du Golfe au XIXème mais certains produits de la région étaient déjà connectés avec le grand commerce international : pensons à la perle, mythique.

Les explorations pétrolières vinrent ensuite. Mais c’était, disait François Crouzet, une supériorité britannique que d’avoir su construire, en amont, un empire informel, maritime. Avant le Moyen Orient tel qu’il se constitua avec ses états dessinés par les grandes puissances et fragiles, il y eut une peau de léopard britannique.

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