Intervention télévisée de Juan Carlos Ier, le 24 février 1981, vers une heure du matin, pour s'opposer au coup d'Etat
Intervention télévisée de Juan Carlos Ier, le 24 février 1981, vers une heure du matin, pour s'opposer au coup d'Etat ©

Un homme peut se révéler à lui-même et aux autres à l’occasion d’un moment unique. Le 23 février 1981, un coup d’état militaire séquestre toute la représentation nationale espagnole ainsi que tout le gouvernement. Le peuple ne bouge pas, non plus que les responsables institutionnels encore libres. La transition démocratique est sauvée par le jeune souverain apparemment falot que Franco, espérant qu’il continue son œuvre, avait donné à l’Espagne.

Toute une soirée, toute une nuit, pendu au téléphone, d’un côté avec les responsables militaires qui calculaient leur obéissance et de l’autre avec les grands du monde occidental qui l’encourageaient, Juan-Carlos a marché sur des sables mouvants. Il avait fait venir près de lui son fils Felipe, 13 ans, qui s’est endormi plus d’une fois. Juan Carlos lui a dit : « Notre couronne, c’est comme un ballon de foot qui est en l’air, on ne sait pas de quel côté il va tomber. »

La comparaison est de circonstance au lendemain de la double abdication de Juan Carlos à Madrid - et de celle des footballeurs espagnols à Rio. Le vieux roi qui, à 43 ans, avait enthousiasmé son peuple s’en va, à 76, dans l’impopularité et une odeur de scandale. Juste avant qu’il ne soit trop tard pour la monarchie. Felipe recommence le match à zéro.

Adolfo Suárez et Gutiérrez Mellado s'opposent aux gardes civils armés qui prennent d'assaut le Congrès des députés
Adolfo Suárez et Gutiérrez Mellado s'opposent aux gardes civils armés qui prennent d'assaut le Congrès des députés ©
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