Dans l’extravagante arène qu’est devenue l’Education Nationale, ils sont quelques combattants à préparer ce revif des Anciens. Ce sont des professeurs rompus aux sports de contact.

Dans Malpertuis qui fut adapté naguère au cinéma, avec Orson Welles soi-même, le grand écrivain du fantastique, Jean Ray, imaginait qu’après un vaste complot destiné à les faire disparaître définitivement, les Dieux de l’Olympe s’étaient retrouvés claquemurés dans une demeure oubliée. Ils murmuraient encore mais à très bas bruit. Leur voix devenait inaudible.

Néanmoins la foi de quelques fidèles les maintenait en vie. Il lui restait à se faire entendre. L’opinion, alors, demanderait la libération de l’antique Olympe. Marguerite Duras, pythie venue du fond des âges, ne prophétisait-elle pas : « Ce que les hommes ont dit d’important, ils l’ont dit déjà dit en grec ! »

Qui sait ? Un jour viendra peut-être où Apollon et Hermès recouvreront leur puissance intacte. On pourra parler autrement de la Méditerranée. De manière moins passionnée. Les Grecs offriront à nos discussions un terrain déjà parfaitement balisé mais neutre, dépassionné.

Et dans la foulée, on pourrait apprendre de nouveau le latin ! Cela aiderait peut-être à avoir moins peur des mots et à les remettre en ordre dans nos phrases désarticulées.

Dans l’extravagante arène qu’est devenue l’Education Nationale, ils sont quelques combattants à préparer ce revif des Anciens. Et ce ne sont pas de vieux schnoques mais des professeurs rompus aux sports de contact. Ambassadeurs des langues qui ne sont plus parlées, ils défendent l’idée qu’elles nous permettraient de mieux nous parler.

Programmation musicale : Anaïs Delva "Libérée, délivrée" (2013)

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