Édouard Drumont ne s'était pas trompé quand il avait dit : "Je suis l'annonciateur des temps qui approchent"

Il aurait eu cent ans en 1944, les collaborationnistes qui avaient fait leur le racisme nazi et les antisémites à l'ancienne façon Charles Maurras le célébraient chacun de leur côté. Il ne s'était pas trompé quand il avait dit : "Je suis l'annonciateur des temps qui approchent" .

Edouard Drumont photographié par Charles Reutlinger (collection Félix Potin)
Edouard Drumont photographié par Charles Reutlinger (collection Félix Potin) © flickr

Il s'était fixé la tâche d'expliquer l'histoire visible de la France par une autre, qui aurait couru sous l'apparence des choses. Les Juifs, à l'en croire, captaient toutes les sources du pays et l'asséchaient sans rien lui apporter que leurs névroses.

De par son histoire personnelle, Drumont s'y entendait en matière de névroses. Il les soignait par les succès de ses livres La France juive (1886), de son journal La Libre Parole (1892). D'autres auraient mis plus de soin à mieux les traduire durablement, politiquement : l''antisémitisme était alors un produit nouveau sur le marché politique susceptible d'attirer bien des chalands, à droite et à gauche. Mais Drumont cherchait surtout à attirer la foudre et les admirations, histoire de construire autour de lui une petite fortune et un fort culte de la personnalité.

Heureuses les Républiques qui n'ont d'adversaires que des forts-en-gueule. Plus exposées sont celles qui doivent faire face à leurs héritiers, souvent plus coriaces et constants.

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