Luiz Inácio Lula da Silva le jour de son investiture à la présidence du Brésil en 2003
Luiz Inácio Lula da Silva le jour de son investiture à la présidence du Brésil en 2003 © cc / Agência Brasil

Vu depuis le difficile début de second mandat de Dilma Rousseff, la présidence de Lula ressemble à une réussite. Lula a fini en 2010 avec un taux de popularité de 80% tandis que sa dauphine en est à 20…

Sa vie avant même sa difficile accession au pouvoir avait les traits d’un feuilleton qui attendait un happy end. Père paysan pauvre et violent, mère aimante, les petits métiers à la place des études, l’usine et le syndicalisme mais un syndicalisme sans allégeance politique : « Je ne suis pas comme le bétail qu’on marque», disait-il. Et ensuite, quatre candidatures à la présidentielle mais sans passer par le système politique : l’acharnement est une vertu romanesque. Quand il triomphe enfin, le 1erjanvier 2003, il peut déclarer : « Je ne suis pas le résultat d’un scrutin mais le produit d’une histoire ».

Son expérience du pouvoir a pu décevoir mais ses programmes sociaux se sont réalisés de manière spectaculaire. Aux miséreux a été faite la promesse de rejoindre à terme la classe moyenne. « Ils sont 70 millions, dit un moraliste brésilien, imaginez le jour où ils deviendront tous millionnaires ».

Lula a, de plus, tiré parti de la bénédiction que lui donnaient les institutions internationales pour l’orthodoxie de ses pratiques financières : au nom de son pays enfin émergé, il s’est attribué la mission de montrer le chemin aux pays émergents.

Ce moment de grâce qui, en réalité, montrait des fêlures depuis 20O4, est en train de se fracasser sur les récifs de la corruption et de la dépression économique. Depuis 2013, des vagues de manifestations déferlent sur le pays. Mais, comme dit le même moraliste, « le Brésil est le pays où il y a le plus de chance de créer un nouveau monde : le chaos y abonde ».

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