La Pologne a deux fêtes nationales. Le 3 mai, elle se souvient de l’adoption d’une constitution libérale qui servit de prétexte à la tsarine Catherine II pour liquider ce qui restait du pays. Le 11 novembre, deuxième fête, célèbre l’indépendance recouvrée grâce à l’effondrement des empires européens.

Drapeaux de l'Union Européenne et de Pologne mêlés
Drapeaux de l'Union Européenne et de Pologne mêlés © Getty / SOPA Images

La Pologne a deux fêtes nationales. Le 3 mai, elle se souvient de l’adoption d’une Constitution libérale qui servit de prétexte à la tsarine Catherine II pour liquider ce qui restait du pays. Le 11 novembre, deuxième fête, célèbre l’indépendance recouvrée grâce à  l’effondrement des empires européens. Les extrémistes nationalistes organisent à cette occasion une marche que, cette année,  le gouvernement du PIS a choisi  de s’annexer – ou bien de rejoindre, selon les interprétations. 

Les deux dates, 3 mai et 11 novembre, devraient témoigner d’un lien étroit de la Pologne avec l’Europe. La Pologne souffrante a d’ailleurs toujours attiré la sympathie de l’opinion libérale occidentale. Quant à la Pologne indépendante d’après 1918, la conviction des auteurs des traités était qu’elle deviendrait une démocratie parlementaire à l’image de la française.

La Pologne réelle n’a pas nécessairement correspondu aux espoirs de ceux qui l’avaient toujours idéalisée, l’adhésion à l’Union européenne en 2004 sembla enfin les réaliser. Les gouvernements successifs de Varsovie se plurent à adapter le pays aux normes européennes. Ils se targuèrent de l’installer à la table des six plus grands de l’Union. Ils insistèrent sur le rôle de pont entre l’Ouest et l’Est que la position géographique de la Pologne lui permet de tenir.

Depuis le retour du PIS (parti Droit et Justice) au pouvoir en 2015, le cap a changé. Tout en protestant de son lien ancien avec Paris et de sa volonté de demeurer dans l’Union, Varsovie veut changer le projet européen. Le fonder sur d’autres valeurs que celles actuellement dominantes. Et  aussi le réorienter géographiquement. Elle se voit maintenant en fédératrice des pays limitrophes des Trois mers - Baltique, Adriatique, Mer Noire. Surtout, elle en tient particulièrement pour l’OTAN et considère l’alliance avec les Etats-Unis comme prioritaire. Toutefois, lorsque le président polonais a, dernièrement, signé un accord avec Trump, il a dû rester debout au coin du bureau de la Maison Blanche où le président américain, tranquillement assis, posait son paraphe, triomphant. La contestation de Bruxelles ne suffit pas à apporter la considération de Washington à un pays qui craint toujours pour sa sécurité.

Programmation musicale : Fantaisie polonaise en sol min Op. 19 - pour piano et orchestre de Paderewski (Orchestre symphonique de Londres dirigé par Arthur Fedler, Earl Wild au piano).

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