La France a toujours été plus attentive aux Antilles qu’à la Guyane. La légende situait aux alentours de la Guyane le fameux pays de l’Eldorado, dont le souverain à la peau d’or avait jeté sa fortune dans un grand creux qu’il s’agissait de retrouver. Les chercheurs d’or s’y sont employés dès le XIXe siècle.

Orpaillage clandestin à Dorlin en Guyane
Orpaillage clandestin à Dorlin en Guyane © Getty / José Nicolas

Série "Amérique latine"

C’étaient des créoles venus des Antilles et particulièrement de Sainte-Lucie. Quand la Guyane est devenue un département en 1946, l’orpaillage traditionnel, artisanal, était déjà sur le déclin. 

L’orpaillage à l’ancienne ne rapporta bientôt plus rien…   Mais les cours de l’or ont remonté. Et avec eux, les projets d’industrialisation de l’orpaillage. Le Surinam leur a donné forme bien avant la Guyane française. Dans ce petit pays maintenant indépendant, secoué après 1986 par une longue guerre civile, ont afflué les immigrants. 

En Guyane française, la recherche de l’or s’opère généralement de manière illégale. L’extraction d’or de l’or légal atteint à peine une ou deux tonnes par an mais alors que la production illégale se situe entre 5 et 10 tonnes. Ils sont peut-être dix mille clandestins à travailler dans 500 chantiers non déclarés. Le lavage des sols se fait sans contrôle, libérant le mercure dont la terre guyanaise est gorgée. 

La majorité des élus de Guyane défendaient en conséquence le grand projet d’une mine légale et surveillée. Projet porté par la compagnie d’un oligarque russe associée à une autre, canadienne. A 120 kilomètres au Sud de Saint Laurent du Maroni, la Montagne d’or devait être exploitée une douzaine d’années puis, promettaient ses promoteurs, le site devait être réhabilité en autant de temps. Emmanuel Macron, quand il était ministre, soutenait la Montagne d’or. Il a  annoncé cette année qu’elle obscurcissait  la  nouvelle perspective écologique de son mandat.

La question de l’orpaillage clandestin n’en est pas pour autant résolue. La Guyane est quatre fois plus grande que le France. Et pour mesurer les difficultés qu’elle rencontre en tous domaines, il faudrait un coefficient multiplicateur plus important encore.

Bibliographie 

  • Les gens de l'or de Michèle-Baj Strobel (Plon).
  • Histoire générale de la Guyane française de Serge Mam Lam Fouck (Ibis Rouge).
  • J'aurai de l'or de Olivier Weber (Laffont).
  • Guyane française l'or de la honte de Axel May (Calmann-Lévy).
  • Guyane, Guyanes. Une géographie "sauvage" de l'Orénoque à l'Amazone de Emmanuel Lézy (Belin).
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