En direct et en public depuis le hall du journal Le Monde (Entrée libre dans la limite des places disponibles).

Horloge sur l'immeuble du n° 5 de la rue des Italiens à Paris, ancien siège du quotidien Le Monde
Horloge sur l'immeuble du n° 5 de la rue des Italiens à Paris, ancien siège du quotidien Le Monde © cc

Dans les premières années 1950, le Père fondateur avait tendance à penser que la mort du journal était sans doute pour demain et plus tard, dans la période qui précéda son départ en 1969, il avait gardé l’habitude de s’interroger à chaque fête du journal : nous reverrons-nous, demandait-il ?

A certains égards, lui qui s’amusait de tout – mais sans être diverti par rien - aurait été à l’aise dans la période présente : les titres renommés de la presse se sentent aujourd’hui comme siphonnés, par la puissance de l’argent et l’urgence du numérique. Il aurait entr’ouvert une paupière et bougonné : « Je suis tout de même étonné que nous ayons encore un sursis »

A ses moments de blues, il pensait que « Le Monde » devait être prêt à se saborder : « A la fin, tout est égal, n’est-ce pas ? » A d’autres, il renâclait : « si Le Monde coule, c’est la troisième chance de la France qui disparaît. » , aurait-il confié en 1951. Son interlocuteur s’étonnant – c’était Georges Hourdin, autre père fondateur, du groupe de « La Vie », il aurait ajouté : « La France a eu trois chances, la Libération, De Gaulle et… Le Monde ».

Cette émission va faire ressurgir dans le hall du journal d’aujourd’hui la voix du patron d’autrefois.

Beuve ne se souciait pas d’être suivi. S’il arrivait qu’on l’entende, il attendait juste de chacun qu’il se tourne ensuite vers lui-même et ses propres responsabilités.

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